jeudi 14 mai 2015
Le Front national, entre stratégies électorales, dédiabolisation et fidélité aux fondamentaux
Comme souvent après un succès électoral le Front national traverse une zone de tempête : crise politique et familiale d’abord, tentative de rediabolisation médiatique à l’occasion de la fête de Jeanne d’Arc ensuite, critiques parfois acerbes de la ligne Philippot enfin. C’est dans ce contexte que la revue Monde & Vie a consacré son dossier d’avril 2005 au « Front national sans psychodrame ».
Nous donnons ici à nos lecteurs connaissance de l’entretien, plein de nuances, accordé à Monde & Vie par Jean-Yves Le Gallou. On retiendra notamment ce passage : « Le risque est évidemment ce que j’appellerais le concessionisme, qui consiste, de concession en concession, à céder petit à petit sur l’essentiel. Il ne faut pas accepter la diabolisation.
« La pire faute à éviter, en matière de dédiabolisation, c’est de croire que l’on se dédiabolise en diabolisant son plus proche. En agissant ainsi on renforce la diabolisation et on renforce sa propre diabolisation par contagion. » – Polémia
AH : Jean-Yves Le Gallou, à travers la Fondation Polémia, vous développez un certain nombre d’études sur le contexte médiatique ou politique dans lequel nous évoluons tous. Vous observez ainsi le Front national « avec bienveillance » comme vous l’écrivez vous-même et en même temps de façon objective. Quel rôle joue-t-il dans la société française ? Est-ce une sorte de déversoir ? Ou une tête de Turc ? Est-il parvenu à représenter une force politique de gouvernement selon l’ambition souvent affichée par Marine Le Pen ?
JYLG : Depuis son émergence, le Front national est un cri de douleur du peuple qui n’est ni écouté ni consulté sur les questions fondamentales. Ce cri est de plus en plus fort, les enjeux étant de plus en plus graves et les électeurs se laissant de moins en moins berner par la fausse alternance UMP-PS. Il faut souligner que le moteur principal de la progression du FN depuis 2007 tient moins à sa stratégie propre qu’à la double déception qui a suivi l’élection de Sarkozy en 2007 et de François Hollande en 2012. C’est une chance pour le Front national, mais aussi un formidable défi. S’il devait un jour accéder au pouvoir (hypothèse que l’on ne peut plus exclure), il devra montrer rapidement qu’il engage la France dans une voie différente de celle que nous suivons depuis 1968-1973.
AH : Quel serait le message fort que le Pays comprendrait immédiatement ?
JYLG : En l’état de la situation française, je crois qu’au regard de l’histoire mais aussi des attentes de l’électorat, le changement le plus profond et le plus radical peut-être concerne l’arrêt des politiques migratoires, pour mettre un terme au Grand Remplacement des populations. Cette question a un impact culturel, civilisationnel et religieux fondamental. Au regard de cet enjeu, les questions monétaires ou économiques paraissent dérisoires. On ne s’engage pas en politique pour un taux de change mais pour la défense d’une identité.
AH : Les élections départementales, sans être un échec pour le FN, ont à nouveau démontré les limites de son succès. Il semble qu’il s’est une fois de plus heurté au fameux « plafond de verre » qui le cantonnerait implacablement dans l’opposition. Mais de quoi est fait ce plafond de verre ?
JYLG : Si le Front national faisait vraiment peur, le gouvernement ne s’empresserait pas de faire voter une série de lois liberticides – sur le renseignement, sur la presse – qui, entre les mains du FN, pourraient se retourner contre eux. C’est en tout cas du moins ce qu’ils devraient penser.
Le vrai problème du Front national, c’est celui des alliances. Il n’y a pas d’exemples en Europe de partis politiques obtenant à lui tout seul la majorité absolue des suffrages. L’analyse électorale que nous pouvons faire aujourd’hui est extrêmement simple : là où le Front national est le mieux à même de gagner, c’est là où il est opposé à un candidat de gauche. Cela représente les 9/10e des cantons gagnés aux dernières élections. Marine Le Pen, en 2017, ne peut avoir une chance de l’emporter que si elle est opposée à un candidat de gauche. L’arithmétique électorale du FN aujourd’hui est simple : une voix prise à l’UMP vaut deux voix prises à la gauche. Évidemment une voix est une voix, qu’elle vienne du PS ou de l’UMP, mais, comme le FN ne peut gagner que face au PS, il faut prioritairement affaiblir l’UMP pour que le PS passe devant au premier tour. Il s’agit donc de passer l’UMP à la centrifugeuse, en dissociant ses élites centristes de son électorat droitier. Encore faut-il envoyer des signes à cet électorat, soit en termes de valeurs, soit en termes de liberté économique.
AH : Mais que reste-t-il justement des libertés économiques quand on glorifie l’Etat stratège ou l’Etat providence, en exaltant le maintien de la retraite à 60 ans, pour ne prendre que l’exemple le plus emblématique ?
JYLG : Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le concept d’État stratège n’est pas à rejeter. Le Qatar ou l’Allemagne ont été avec succès des États stratèges. Mais pour être un État stratège, encore faut-il avoir de l’argent dans les caisses. Je rappelle qu’en France le déficit de la balance des paiements courants est de 50 à 100 milliards par an. Quand le quart des dépenses de l’État est financé non par l’impôt mais par la dette, ce n’est pas très réaliste de parler d’État stratège. Le redressement des comptes est un préalable à tout discours sérieux sur ce sujet.
De ce point de vue, certaines mesures comme le retour à la retraite à 60 ans, que vous évoquez, ne sont pas crédibles. Elles sont facilement agitées comme un épouvantail à électeurs modérés. Ce genre de proposition ne fait pas gagner une voix (on ne vote pas Front en pensant à sa retraite), mais cela peut en faire perdre, en fragilisant la crédibilité politique du parti qui soutient ces mesures. Ajoutons que, une fois arrivé au pouvoir, ce genre de promesses, particulièrement visibles, sont particulièrement difficiles à tenir et donc risquent de devenir source de ce qui pourra passer par la suite pour une trahison dans une partie de l’électorat.
AH : La dédiabolisation ne risque-t-elle pas de faire du Front national un parti comme les autres ? Et d’un autre côté, n’assiste-t-on pas aujourd’hui à une rediabolisation, venant des plus hauts sommets de l’exécutif ?
JYLG : Contrairement à ce que pense l’immense majorité des commentateurs, la diabolisation est moins la conséquence d’erreurs, d’imprudences ou de maladresses que la volonté systématique du Système. Quiconque veut lutter contre l’immigration est qualifié d’extrême droite et diabolisé partout en Europe. D’ailleurs le premier homme politique qui ait subi ce traitement médiatique et politique n’est pas Jean-Marie Le Pen. C’est un Anglais, Enoch Powell, ancien d’Oxford, helléniste, qui n’a jamais commis le moindre dérapage, mais qui a dénoncé dès 1968, dans un discours à Birmingham, les dangers de l’immigration. De sa part, ce n’était pas une erreur, encore moins une faute. C’était un acte de courage qui lui a coûté sa réputation et sa carrière politique. La question de l’immigration est bien le nœud de la diabolisation…
AH : Il me semble qu’il existe d’autres sujets diabolisateurs : ce qui concerne la défense de la morale traditionnelle, par exemple ?
JYLG : S’agissant de la défense des valeurs traditionnelles, le risque est un peu différent. C’est moins celui de la diabolisation que de la « ringardisation », comme si les foules immenses qui ont défilé lors de la Manifestation pour tous, ou les jeunes qui se sont mobilisés autour du Printemps français étaient ringards. En fait ce que j’appelle la Génération 2013 a vocation à remplacer la génération 1968. Le vieux monde, ce n’est pas celui du renouveau de la Tradition ou du renouveau identitaire, c’est celui des antivaleurs portées par les médias, qui continuent de peser sur les partis politiques.
AH : Vous avez beaucoup travaillé sur l’univers médiatique. Vous êtes l’un des responsables de Télé-libertés, cette chaîne de télévision par Internet dont le nom est tout le programme. Croyez-vous à un changement profond dans ce domaine des médias ? Va-t-on vers plus de liberté ? Vers moins de monopole ?
JYLG : C’est vrai que l’on assiste à une montée des médias alternatifs, en particulier sur Internet. Mais le passage dans les grandes télés et radios reste obligatoire à quiconque veut s’adresser à l’ensemble des électeurs… Une fois que l’on a réussi à passer sur les grands médias, il faut encore chevaucher une ligne de crête qui permette à son message de passer sans être immédiatement diabolisé ou ringardisé. Le risque est évidemment ce que j’appellerais le concessionisme, qui consiste, de concession en concession, à céder petit à petit sur l’essentiel. Il ne faut pas accepter la diabolisation. Pas non plus la ringardisation. La pire faute à éviter, en matière de dédiabolisation, c’est de croire que l’on se dédiabolise en ringardisant son plus proche. En agissant ainsi on renforce la diabolisation et on renforce sa propre diabolisation par contagion.
AH : A côté de la diabolisation et de la ringardisation, ne peut-on pas parler, pour le cas du Nouveau Front national de Marine Le Pen, de ce à quoi vous faisiez allusion tout à l’heure : une sorte de décrédibilisation ?
JYLG : La décrédibilisation est relativement facile à opérer par les partis adverses et les médias dans la mesure où la vocation du Front national n’est pas de proposer des réformes à la marge, mais des changements en profondeur, en particulier, comme je vous l’ai dit, sur la politique migratoire. Du point de vue qui est celui du Système, il est assez naturel de juger irréalistes les changements structurels, qui sont des changements de référentiel, d’idées et de politique. On peut évidemment s’attendre à ce qu’un changement de référentiel apparaisse comme irréaliste à tous ceux qui ont intérêt à conserver la situation actuelle, jusque dans ses désordres.
AH : Que penseriez-vous de l’établissement de courants au Front national, exprimant la vraie diversité idéologique de ce parti recours ? N’est-ce pas un peu le cas, avec l’émergence de Marion Maréchal Le Pen face à Florian Philippot ?
JYLG : Il est normal que le FN qui est aujourd’hui un parti de rassemblement, ait des sensibilités diverses en son sein. Ce n’est pas une mauvaise chose, par exemple, qu’il y ait une sensibilité souverainiste, voire de gauche, voire chevènementiste. Mais cette sensibilité ne peut évidemment pas prétendre, tant s’en faut, à un monopole sur le Front national. Elle ne représentera jamais l’ensemble du spectre. Il est naturel que s’expriment aussi des sensibilités plus conservatrices et plus identitaires. Marion Maréchal Le Pen, qui a participé aux manifestations contre la loi Taubira, peut être ressentie comme un porte-drapeau pour la Génération 2013. De toute façon, aujourd’hui, le modèle jacobin et centralisé d’un parti politique est technologiquement dépassé, avec la multiplication des blogs, des médias alternatifs, des réseaux sociaux. Il y a une naturelle diversité idéologique et politique. Raison supplémentaire pour ne pas commettre ce que j’appelle – avec un grain de sel – « l’erreur polytechnicienne » : en politique, on n’occupe pas un point, on occupe un espace et c’est précisément la diversité intellectuelle et idéologique qui permet d’occuper l’espace.
mercredi 13 mai 2015
Tentative d'intrusion massive des migrants à Eurotunnel
La nuit dernière, des centaines de personnes ont fondu sur les camions qui empruntent le tunnel sous la Manche pour se rendre en Grande-Bretagne.
Dans la nuit de lundi à mardi, trois cents à quatre cents migrants ont tenté une intrusion massive dans la zone d'Eurotunnel, selon une source policière. Ils ont fondu sur les camions arrêtés sur l'autoroute située aux abords, s'accrochant aux bâches des remorques ou aux essieux, parvenant parfois à pénétrer à l'intérieur des poids lourds qui empruntent le tunnel sous la Manche pour se rendre en Grande-Bretagne. Des effectifs policiers de Boulogne-sur-Mer ont aussitôt été dépêchés sur place en renfort. «Une pagaille sans nom…», commente un policier sur place.
L'incident s'est produit aux alentours de 3h30. «D'ordinaire, il y en a 100 à 150 mais là ils étaient au moins le double», signalent les autorités préfectorales. Les migrants montraient aussi «une agressivité» nouvelle, en raison de leur «technique» pour ouvrir les camions, «désormais avec des barres de fer», précisent-elles. Si bien que pour les interventions des forces policières et interpellations, «les risques sont plus importants», confirme un policier en poste à Calais. Cependant, «il n'y a eu aucun blessé, aucune intervention des pompiers», souligne la préfecture du Pas-de-Calais.
Cette intrusion massive a été causée par un ralentissement du trafic routier, en raison d'un incident dans le tunnel survenu dans la soirée de lundi. Une navette Eurotunnel s'était «échauffée» en empruntant le tunnel sous la Manche et a dû être évacuée, provoquant trois heures de retard sur le trafic fret et une demi-heure sur les Eurostar. La retenue des camions aux abords du tunnel s'est d'autant plus densifiée que les chauffeurs, avec la présence des nombreux migrants, «se sont beaucoup plus présentés aux contrôles», précise la préfecture.
Depuis le déplacement de la «jungle» du centre de Calais vers le cordon dunaire, à 5 km, près du centre d'accueil de jour Jules Ferry inauguré par Bernard Cazeneuve en janvier, et surtout depuis la sécurisation du port de Calais où l'édification de hautes clôtures barbelées sur des kilomètres rend son accès presque impossible, les tentatives de traversée des migrants se sont reportées sur Eurotunnel, à Coquelles. Chaque jour désormais, on peut les voir déambuler par centaines autour de la zone, empruntant à pied les accès autoroutiers, témoignent riverains et forces de l'ordre. «Au nez et à la barbe» de la Police aux frontières (PAF) qui a les locaux de sa direction départementale juste à côté, se désole un entrepreneur de transport et logistique qui, voisin des lieux, craint pour son fret et ses chauffeurs.
Une loi de renseignement sous influence
La loi sur le renseignement votée le 5 mai par le Parlement donne aux services de renseignement des moyens importants qui ne seront pas équilibrés par un contrôle effectif de leur légalité. Le père de cette loi, le député Jean-Jacques Urvoas l’annonce fièrement : « En ce domaine les États-Unis font figure d’exemple ! » Après les révélations d’Edward Snowden qui ont dévoilé l’ampleur des atteintes aux libertés de la NSA, pourquoi la France tient-elle tant à se doter du même dispositif ?
Ce n’est plus un secret aujourd’hui, la DGSE espionne sans retenue communications nationales et internationales, avec la complicité active de responsables non identifiés des opérateurs des télécoms et d’Internet.
Plusieurs documents secrets américains laissent entendre que la France participe au « chalutage » de la NSA. Un article top secret datant de 1989 récemment déclassifiés, provenant de la revue interne de la NSA Cryptologic quarterly, met en avant l’intérêt pour l’agence américaine d’une coopération renforcée avec les pays appelés « Third Party Nations », dont la France fait partie. Dès les années 1980, les Américains ont jeté les bases d’une coopération élargie, alors qu’elle était pour le moment limité aux partenaires anglo-saxons. Ils préparaient ainsi le monde qu’il allait survenir avec l’avènement d’internet.
Chaque partenaire de la NSA a accès à de nouvelles techniques d’espionnage et en échange lui offre une couverture élargie de ses interceptions. Les services de renseignements partenaires disposent alors d’un accroissement considérable de leurs moyens d’action ce qui leur permet d’améliorer, à coût quasiment égal, leurs performances.
Pour la NSA, l’intérêt de ce type de partenariat est double. D’une part elle limite leur autonomie et d’autre part elle renforce sa capacité globale et son hégémonie. Cela vaut bien un petit sacrifice, comme de proposer l’utilisation contrôlée de quelques technologies développées par le gigantesque complexe militaro-industriel américain représenté par des firmes comme Dell, Raytheon, Booz Allen et bien d’autres.
Grâce à Snowden, nous disposons d’un mémo top secret du 15 septembre 2009. Le patron du directoire des affaires internationales de la NSA s’y adresse, avec beaucoup de liberté, a de hauts fonctionnaires de l’agence et explique comment il travaille avec des pays comme la France ou l’Allemagne : « Plusieurs décades de coopérations nous amènent à avoir un haut niveau de confiance avec notre partenaire. C’est alors que la NSA peut lui donner accès à des techniques avancées en échange de sa capacité à engager une action politiquement risquée ».
Voilà un aveu extraordinaire : la NSA utilise ses partenaires pour faire réaliser des écoutes politiquement risquées, par exemple celles de citoyens américains, par un pays tiers dont les lois sont plus permissives que les lois américaines.
Nous disposons de nombreuses preuves de ce type d’échanges dans les documents Snowden publiés par Glenn Greenwald. Ainsi les Américains ont laissé les Canadiens surveiller l’activité minière du Brésil, cible commerciale prioritaire pour les États-Unis mais aussi pour le Canada.
De même, la NSA a autorisé son partenaire australien à espionner l’activité d’un cabinet d’avocats américains qui aidait l’État indonésien à se défendre dans un litige avec des firmes australiennes.
Et nous arrivons au passage le plus éclairant de ce document ultra-secret : « Pour toute une série de raisons, nos relations entre services de renseignements sont rarement perturbées par des conflits politiques nationaux ou internationaux. D’abord, nous aidons nos partenaires à traiter ce qui échappe à leur vigilance, comme eux nous aident. Ensuite, dans la plupart des capitales de nos alliés étrangers, peu d’officiels de haut niveau, en dehors de ceux des services de renseignements, sont conscients d’une quelconque relation entre leurs services de renseignements et la NSA américaine. Il y a des exceptions positives et négatives. Par exemple, depuis l’élection d’un président pro américain, un de nos partenaires européens (il s’agit probablement de la France, note de l’auteur) a manifesté beaucoup plus d’ouverture en nous livrant des informations sur leurs propres capacités et leurs techniques, espérant ainsi obtenir un meilleur niveau de coopération avec nous. »
Ce texte, d’une importance capitale, est passé à peu près inaperçu, alors qu’il offre une véritable clé d’interprétation de ce qui est le plus secret à la NSA, à savoir l’étroit maillage relationnel que l’agence a su constituer avec quasiment tous les services secrets partenaires, soit une trentaine.
Nous savons donc aujourd’hui, et c’est une révélation, que ce type d’accord n’est connu que des responsables de haut niveau des services de renseignements partenaires, le pouvoir exécutif n’étant que très partiellement informé !
Nous savons, grâce à Snowden que la NSA s’est dépensée sans compter en Allemagne et en Grande Bretagne pour que les lois protégeant la vie privée ne constituent pas un obstacle à ses activités en intervenant discrètement au moment de leur élaboration.
Pour ce qui concerne la France, nous n’avons pas de documents, mais le bureau de l’ambassade des États-Unis qui suit ce dossier a été très actif. Nous pouvons donner le nom de ce bureau, le SUSLAF (Special Us Liaison Advisor France) qui travaille avec un unique interlocuteur français, affectueusement nommé « senior sigint », c’est-à-dire patron du renseignement électronique. Il s’agit du directeur technique de la DGSE Patrick Pailloux, un polytechnicien bon expert du domaine.
Chaque partenaire reste cependant sur ses gardes, la relation est fixée par un contrat (Memorandum Of Understanding), les Français voient ainsi leur susceptibilité ménagée. Quand ils se forment à l’écoute des fibres sous-marines, les sessions se passent en Grande Bretagne.
D’après nos sources, Le projet de loi français enchante le SUSLAF et l’administration Obama. Il va permettre à la NSA de développer son partenariat avec la France. Néanmoins, soucieux d’une certaine autonomie, notre pays travaille sur des technologies made in France, une perspective qui fait saliver nos industriels tricolores.
En Allemagne la NSA apprend aux espions du BND à utiliser son logiciel XKEYSCORE, excellent outil de surveillance massive du comportement des internautes. Nous venons d’apprendre qu’ils ont écouté, à la demande de la NSA, des officiels français (Elysée et le Quai d’Orsay) et des industriels européens, notamment Airbus ! La NSA aurait-elle demandé le même genre de « services » à son partenaire français ? M. Urvoas, lui-même, a reconnu qu’il n’en savait rien.
Combien sont-ils, parmi nos élus, ceux qui ont assez d’informations et de capacité d’analyse sur ce qui se passe dans ce domaine réservé pour mesurer les conséquences d’une loi dangereuse qu’ils votent dans l’urgence.
L’indignation des associations de défense des libertés suffira-t-elle à renverser le rapport de force ? Rien n’est moins sûr, même s’il faut tout tenter pour que cette insupportable surveillance mondiale soit d’urgence limitée par la coalition des citoyens soucieux de leurs libertés et des ingénieurs responsables.
Bolzano : des présumés réfugiés protestent….
..."nous voulons de l'argent et nous ne voulons pas aller à pied"
Leur installation à l'Hôtel Alpi à Bolzano ne leur plait pas à tous. Certains d'entre eux se plaignent "d'un traitement inadéquat" et se demandent pourquoi, l'état italien leur ayant soi-disant promis de l'argent, ils n'ont rien reçu depuis un mois.
Ces pseudos réfugiés ignorent qu'en Italie il y a des chômeurs avec 4 enfants qui n'ont pas été payés depuis des mois. D'ailleurs, un d'entre eux s'est suicidé en mars....
En outre, ils se plaignent aussi du fait qu'ils doivent parcourir à pied la distance entre l'hôtel et l'endroit où sont servis leurs repas gratuitement, bien entendu. [...]
Jean Raspail : « Que nos gouvernants donnent l'exemple et accueillent chez eux quelques familles de réfugiés »
L’analyse de Jean Raspail. “Je ne suis ni politique ni devin, et n’ai aucun titre à m’exprimer sur l’actualité”, se défend Jean Raspail. C’est oublier que les écrivains ont des antennes et pressentent souvent ce qui ne peut manquer d’advenir. À “Valeurs actuelles”, l’auteur du “Camp des saints” accorde ce qu’il dit être sa dernière interview.
Quelle réaction suscitent en vous les récents naufrages de migrants en Méditerranée qui, d’une certaine façon, font écho au thème de votre roman le Camp des saints ?
Il est impossible de ne pas être ému par ce drame et de ne pas avoir une pensée pour ces malheureux, qui sont à la fois faibles, sans intention hostile et exploités par des esclavagistes sans scrupule. Et, bien sûr, il faut sauver les victimes des naufrages, conformément à la loi ancestrale de la mer. Cela dit, ce n’est pas une raison suffisante pour oublier la réalité de la menace qu’ils incarnent, à leur corps défendant, par leur nombre et par l’inéluctable augmentation des migrations clandestines. À preuve, les gouvernements européens n’ont commencé à se pencher sérieusement sur le problème qu’à partir du moment où le nombre des victimes a dépassé le seuil du tolérable. Entre la compassion, nullement affectée, et la réalité du danger, la balance est difficile à équilibrer.
D’humanitaire ce drame débouche sur un problème politique que nos gouvernants se sont efforcés d’occulter jusqu’à présent mais qu’ils ne peuvent plus éluder ?
Le problème est plus que politique. Il s’agit, pour user du jargon à la mode, d’un problème “civilisationnel” : la confrontation de civilisations qui ne sont pas compatibles pour des raisons historiques, culturelles et religieuses. On voit bien qu’en dépit des bonnes paroles prodiguées, aucun pays européen ne se dit prêt à accueillir sur son sol cet afflux de migrants qu’il faut prendre totalement en charge, alors que notre économie est en crise et nos dettes en croissance exponentielle. Même l’Allemagne qui, paraît-il, aurait besoin de 7 millions d’immigrés pour son marché du travail et pour compenser le déclin de sa démographie !
On assiste à un marchandage passablement sordide sur le quota de réfugiés que les uns et les autres seraient disposés à accueillir… On voit bien que, dès qu’il s’agit de mesures autres que générales, chacun court aux abris. Que nos gouvernants commencent par donner l’exemple et accueillent dans leurs appartements, leurs maisons, leurs jardins quelques familles de réfugiés. Peut-être commenceront-ils alors à être crédibles ou respectables !
La situation est d’autant plus préoccupante que les organisations terroristes et Dae’ch s’apprêtent à instrumentaliser ces migrants comme un moyen de chantage sur l’Europe, menaçant de faire débarquer entre 500 000 et un million de clandestins...
mardi 12 mai 2015
Vendredi 15 mai Conférence Dextra : "Les dessous de la loi sur le renseignement" par Alexis Deprau
Ce vendredi 15 mai Dextra recevra Alexis Deprau : Doctorant à l'université Paris 2 Assas
Pour nous parler de la loi sur le renseignement qui désormais concerne tout le monde.
Nous vous attendons nombreux et motivés pour cette conférences, au Siete
283 rue St-Jacques Paris V
Au Québec, les étudiants se révoltent contre l’austérité et les saccages environnementaux
Trois ans après le « printemps érable » qui avait provoqué la chute du gouvernement libéral de Jean Charest, le Québec connaît depuis plusieurs semaines des mobilisations étudiantes de grande ampleur. Un mouvement qui allie la lutte contre l’austérité à celle contre les saccages environnementaux.
Depuis plusieurs semaines, le Québec connaît à nouveau des mobilisations étudiantes de grande ampleur. Elles interviennent trois ans après le « printemps érable », ce mouvement étudiant contre la hausse des frais d’inscription à l’Université qui avait duré plus de six mois et cristallisé le débat politique de la Belle province.
Au point de provoquer des élections anticipées et la chute du gouvernement libéral de Jean Charest (septembre 2012). Se dirige-t-on vers un nouveau « printemps érable » contre le gouvernement libéral de Philippe Couillard ?
On pourrait juger que oui, tant la référence au « printemps érable » est constante parmi les acteurs de ces mobilisations. Le mouvement a été lancé symboliquement le jour du printemps après un long travail de préparation. Ses formes de mobilisations ressemblent beaucoup à celles du « printemps érable » : une manifestation nationale chaque mois, et tous les jours, des mobilisations multiformes (rassemblements, conférences, manifs de soir, manifs à vélo).
En grève contre « l’austérité et l’exploitation des hydrocarbures »
La comparaison s’arrête là, car cette fois-ci, les étudiants contestent la politique du gouvernement dans son ensemble. Aujourd’hui, au Québec, 130 000 étudiants sont en grève contre « l’austérité et l’exploitation des hydrocarbures ». (Voir Printemps 2015, le site de la mobilisation.) Le lien entre les deux sujets pourrait sembler surprenant.
En réalité non. Dans le même temps où le gouvernement libéral multiple les « coupures » de crédits dans l’éducation, la santé ou les services de garderie, il poursuit sa politique extractiviste à grands renforts de moyens publics : exploitation des ressources naturelles avec le Plan Nord et soutien à la construction d’un oléoduc dans la vallée du Saint Laurent…
La force des étudiants québécois est de chercher à faire converger une multitude de mobilisations préexistantes et de leur donner une cohérence d’ensemble : manifestations contre l’austérité de novembre 2014, mobilisations écologistes contre l’exploitation des gaz de schiste et contre l’oléoduc de TransCanada.
Isolés, ces mouvements ont déjà remporté des victoires, telles que l’obtention d’un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste en février 2014 ou l’abandon de la construction d’un port pétrolier à Cacouna, sur le trajet de l’oléoduc de TransCanada. Unies, elles pourraient compliquer sévèrement la tâche du gouvernement Couillard.
Violente répression et climat de haine
Toutefois, si le mouvement étudiant est parvenu à rassembler plus de 75 000 personnes dans les rues de Montréal lors de la manifestation nationale du jeudi 2 avril, des questions se posent quant à sa capacité à poursuivre la lutte.
En effet, le contexte politique est différent de celui du « printemps érable » : à l’époque, le gouvernement libéral de Jean Charest se trouvait confronté à un puissant mouvement étudiant alors qu’il achevait un mandat marqué par de multiples scandales de corruption et de conflits d’intérêts. Le gouvernement Couillard dispose, au contraire, du temps et de la détermination permettant de mener à bien son agenda politique.
En témoignent les propos martiaux du Ministre de l’Education François Blais, appelant les recteurs des universités à exclure deux à trois étudiants par jour. Et surtout la répression policière qui s’abat avec une intensité redoublée sur le mouvement étudiant : arrestations massives lors des manifestations, violences policières systématiques, utilisation également systématique d’armes de contrôle des foules (grenades assourdissantes, grenades lacrymogènes…).
Le tir d’une grenade lacrymogène, quasiment à bout portant dans le visage d’une étudiante de 18 ans, Naomie Trudeau Tremblay, a choqué une partie de l’opinion publique. Des voix s’élèvent pour que cesse la répression politique du mouvement de contestation sociale.
Toutefois, ces protestations sont couvertes par le discours médiatique dominant. Les étudiant font l’objet d’une véritable diabolisation médiatique et sont dépeints comme « des enfants gâtés » qu’il faudrait « corriger ». Certains chroniqueurs jugent que le gouvernement n’en fait pas assez dans la répression et appellent à l’intervention de l’armée. Cette violence verbale déteint sur une partie du corps social : les appels au viol voire au meurtre des étudiant(e)s se multiplient sur les réseaux sociaux.
Une conscience en marche
Combien de temps pourront-ils tenir dans ce climat de haine ? D’autant que les étudiants ne sont pas parvenus, pour le moment, à entraîner dans leur sillage le mouvement syndical. Les grandes centrales syndicales (CSN, FTQ, CSQ) pourraient entrer en mobilisation à l’automne.
Cette perspective a amené les dirigeants de l’ASSE (syndicat étudiant structurant les mobilisations en cours) à proposer un « repli stratégique », c’est-à-dire à interrompre les mobilisations pour les reprendre à l’automne avec les syndicats. Cette position vient d’être remise en cause par la base de l’ASSE, qui a désigné une nouvelle direction avec pour mandat de poursuivre le mouvement.
Au final, ce mouvement est déjà parvenu à des résultats conséquents, en élevant considérablement le niveau de conscience politique des étudiants québécois. Il s’agit de la première matérialisation concrète de l’analyse de Naomi Klein sur le lien entre austérité et climat.
Nul doute que sont jetées là les bases d’une politisation prometteuse de la jeunesse québécoise et « que la prochaine récolte sera bonne. Encore meilleure que la précédente ».
lundi 11 mai 2015
AirBnB, Le Bon Coin... le fisc pourrait taxer les revenus perçus par les particuliers
AirBnB, Le Bon Coin ou encore BlaBlaCar sont dans le viseur du fisc. Jusqu'à présent, les particuliers qui tirent profit de la vente d'un objet ou de la location de leur bien immobilier ne sont soumis à aucune taxe. Mais l'État cherche à combler ce manque à gagner.
La commission des finances du Sénat a mis en place un groupe de travail concernant le développement de l'économie collaborative et ses conséquences fiscales. Depuis mars, les sénateurs ont auditionné les responsables des sites et des experts du secteur du numérique. Les parlementaires redoutent les revenus "plus faibles et surtout difficiles à repérer pour le fisc", note Le Figaro.
L'enjeu concerne aussi la TVA avec les achats de produits français, sur des sites basés à l'étranger. Ces derniers ne reversent pas la TVA ou vendent hors-taxe. Cependant, le gouvernement a déjà commencé à agir. Les particuliers et utilisateurs du site de locations d'appartements, AirBnB, devront désormais payer une taxe de séjour.
Révolution conservatrice !
De l'espionnage de la vie privée aux lois mémorielles liberticides, de l'abus d'impôts au financement de l'anarchie migratoire, du conditionnement éducatif au réformatage sociétal, de la planche à billet monétaire au braquage d'organes... Les États sont devenus les courroies de transmission de l'Oligarchie et de ses intérêts. États-flics et Etats-banques ne font plus q'un. Et cette oligarchie organise la désappropriation des populations par la collectivisation vers les États et la libéralisation vers les Banques. La division entre libéraux et étatistes est obsolète. Reste celle entre souverainistes profonds (de la famille à la civilisation) et oligarchie étatico-bancaire (qui dispose des moyens médiatiques de contrôle social et de répression des États).
La défense des valeurs de la culture populaire traditionnelle, de l'autonomie vivrière, sanitaire et énergétique, de notre patrimoine, de nos biotopes et de la nature, la défense de notre souveraineté monétaire et militaire, de la liberté de débat, du droit d'enseigner notre continuité civilisationnelle et familiale, la lutte contre l'immigration-invasion ou le matraquage fiscal... ces causes, ces combats sont les facettes d'un même enjeu : la souveraineté, qui est à la collectivité ce que la liberté est à l'individu !
Les nostalgiques des oppositions factices ne s'y retrouveront pas. Mais qu'ils le sachent : faire des enfants, maîtriser ses ressources et défendre ses normes, la santé de sa famille, son droit sur ses terres et sa foi c'est tout-un !
Laurent Ozon
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