samedi 6 octobre 2018

La vraie camaraderie



« ...[ La vraie camaraderie ] a besoin pour se fonder, sans doute, d’un travail commun, de quelques espérances communes, voire de quelques dangers communs. Elle a besoin aussi de confiance, de sympathie, de gaieté et de ne pas trop se prendre au sérieux. Nous avons eu tout cela, nous l’avons eu avec encore la jeunesse auprès de nous, dans un monde de plus en plus trouble et changeant, où notre camaraderie nous paraissait justement un des rares points fixes. C’est ce qui nous a donné des plaisirs qu’on ne nous enlèvera pas, vivants, gouailleurs, libres, que nous désespérons de faire comprendre à ceux qui ignorent justement la vie, la gouaille, la liberté. Dans une journée d’imprimerie, une discussion, un voyage, nous reconnaissons aujourd’hui le goût et le parfum de cette camaraderie unique... Il y faut autre chose qu’un travail dans le même lieu. Il y faut ce sentiment de former une bande, pour le meilleur et le pire, et ce qu’on nommera, pour choquer le bourgeois, le sens du gang ».   

Notre Avant Guerre, R. Brasillach