jeudi 6 septembre 2018

L’État, c’est le plus froid des monstres froids : il ment froidement


« Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n’est pas chez nous, mes frères : chez nous il y a des États. 
État ? Qu’est-ce, cela ? Allons ! Ouvrez les oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples. 
L’État, c’est le plus froid des monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : ‘Moi, l’État, je suis le Peuple’. 
C’est un mensonge ! Ils étaient des créateurs, ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie. 
Ce sont des destructeurs, ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits. 
Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’État et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois » 

Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, « De la nouvelle idole »