vendredi 10 août 2018

L'empire est pris dans un système plus dionysiaque qu’apollinien, et c’est le péché capital

De façon plus littéraire (par rapport à E. Todd, dans Après l’empire), il me semble que cet empire est saisi par quelque chose que depuis les Grecs nous avons l’habitude de redouter : la démesure, l’absence de limites, le moment où l’acteur est pris comme dans une transe et perd le sens des limites. Il est pris dans un système plus dionysiaque qu’apollinien, et c’est le péché capital. Il me semble que, pour l’instant, nous sommes entraînés dans une phase qui ressemble bien à ce qui, dans la tragédie grecque, annonce les pires catastrophes. 

André Brigot, De la limite