samedi 11 août 2018

Le malheur aussi est que notre pauvre France ne puisse plus penser par elle-même

Le malheur aussi est que notre pauvre France ne puisse plus penser par elle-même ; elle est comme un ballon captif : on la fait monter, puis on tire la ficelle et elle redescend. Il n’y a plus de nation et il ne peut en exister une sans le sentiment de la race, sans institutions, sans traditions ; il y a des êtres atomisés... ils flottent comme une poussière impalpable dans l’atmosphère ; un coup de vent les soulève ; ils tourbillonnent vers le ciel ; le vent s’arrête, ils roulent à terre, la pluie tombe, ils forment une boue stagnante... Les Français au fond ne savent s’ils veulent la guerre ni s’ils veulent la paix. Tout dépend du courant d’idées que la Presse organise... la suggestion journalistique s’opère sous nos yeux sans que personne s’en aperçoive. 

Edouard Drumont, La Fin d’un monde