mercredi 15 août 2018

L’amour du drapeau à géométrie variable


Les matchs de football et le terrorisme sont des occasions de pouvoir sortir les drapeaux, pour de bonnes raisons, parfois des raisons beaucoup plus tristes. 

A contrario, ce sont aussi des raisons fallacieuses. 

Expliquons-nous. Hors les cas de coupe du monde ou d’attentat qui touche notre peuple, le drapeau français renvoie à une image honteuse d’une France rétrograde et facho. Pourtant, le drapeau est tel qu’il est, le symbole de notre belle Nation, même si elle devient moins belle en changeant, mais cela est un autre débat. 

Il faut bien faire la différence entre le patriotisme d’occasion et le nationalisme. Non, le nationalisme n’est pas une vision nauséabonde et rétrograde. Et non, le patriotisme qui invite à sortir son drapeau pour l’occasion ne met pas en avant un intérêt vif pour le pays. 

C’est la coupe du monde, alors on sort le drapeau, tout en mettant en avant la diversité d’une équipe de football, pour mettre en avant l’idée que c’est la diversité qui est la richesse et la réussite. On sort encore le drapeau après un attentat, en écrivant « non au terrorisme » à la craie, mais attention, encore une fois pas d’amalgame. 

Dans l’émission « Les trahisons de la droite » de la fréquence Orages d’acier, un chroniqueur très pertinent avait expliqué que le patriotisme était un sentiment, qu’il fallait bien différencier du nationalisme, qui est, quant à lui, cet intérêt vif pour la Nation. 

D’un côté, il y a un côté contextuel, proche du « festivus », tandis que l’autre se fonde sur la permanence. 

C’est tous les jours qu’il faut aimer notre pays, notre Nation, et pas seulement pour des occasions circonstanciées. 

Voilà tout le problème aujourd’hui de la réduction de l’amour d’une Nation à une vision festive ou tragique. Bien sûr que ces rassemblements de la population sont importants. Bien sûr qu’il faut être fier de son pays. Mais cette fierté doit être totale et quotidienne. Et elle ne doit pas se résumer à des drapeaux et du maquillage. 

Xavier Eman remarquait à bon escient qu’un jour il y a rassemblement et allégresse, puis, dès le lendemain, tout le monde reprenait ses habitudes égoïstes. 

Alors, est-ce cela le patriotisme aujourd’hui ? Il ne faut certes pas se focaliser sur ces éléments, certes, mais il est important de rappeler que ce n’est qu’une illusion, une fumée. A la fête de la musique, le Président de la République recevait un groupe de musique qui allait en faveur des LGBT et de la diversité. Il y a encore quelques jours, était dégagé le principe constitutionnel de « fraternité », en même temps qu’il était supprimé le délit d’aide au séjour irrégulier. 

Certains penseront que ce discours est rabajoie. Peut-être, mais pendant que le « patriotisme de circonstance va bon train », les députés légiféraient sur la loi anti « fake news », promouvant ainsi la censure de la presse. 

Le nationalisme n’est pas qu’un sentiment derrière une télévision, un écran géant ou une commémoration, c’est un appel (et un rappel) des points importants à mettre en relief pour que France vive – ou survive (tout dépend du point de vue). 

Plus encore, pendant que la fête échauffe les esprits (notamment sur les champs Elysées), il est de notre devoir de prendre en compte la précarité grandissante de notre population, d’avoir les yeux grands ouverts sur le tsunami de l’immigration, mais encore sur toutes les mesures politiques, sociales, et surtout sociétales qui ne font que surligner une société de l’image, du son et de la communication, au détriment d’une société de la réflexion et de l’action.