mardi 17 juillet 2018

Orange rappelle un téléphone émettant trop d’ondes


On trouve dans le commerce de plus en plus d’aliments en version classique d’un côté, sans gluten de l’autre. Nous avons comparé leurs compositions. C’est une situation inédite. Un téléphone mobile fait actuellement l’objet d’un rappel en raison du niveau d’exposition aux ondes électromagnétiques auquel il expose ses utilisateurs. 

Il s’agit du Hapi 30, un modèle assez basique, à clapet, que l’opérateur Orange commercialisait sous sa propre marque, et dont la fabrication était assurée par la société française Mobiwire. 

Des dizaines de milliers de consommateurs concernés 
Mi-mars, Orange a commencé à prévenir les utilisateurs concernés – soit 0,3 % de ses clients, selon l’opérateur, ce qui représenterait tout de même environ 90 000 personnes. Par courrier, elles se voient proposer un échange gratuit de leur portable contre un autre modèle. 

Ce sont les contrôles réalisés par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) qui ont détecté un dépassement du débit d’absorption spécifique (DAS) autorisé. Le DAS est la mesure utilisée pour quantifier l’énergie des ondes absorbée par l’utilisateur d’un portable. Il est limité à 2 W/kg au niveau de la tête (« DAS tête ») comme au niveau du corps (« DAS tronc »). 

Orange cherche à rassurer 
Le mobile Orange Hapi 30 dépassait la norme au niveau du tronc, à 2,1 W/kg (lire le communiqué de l'ANFR). Selon le courrier de l’opérateur, cela se produisait uniquement « dans un cas d’usage rarissime : l’envoi d’un MMS sous couverture réseau 2G, alors que le clapet du mobile est fermé et qu’il est plaqué contre le corps ». L’opérateur cherche à rassurer : « Ce mobile ne présente aucun risque pour la santé », assure un porte-parole, insistant sur le respect des normes d’émission dans la situation d’utilisation habituelle, quand le clapet est ouvert. 

D’autres portables hors des clous ? 
Les rappels de ce type pourraient être amenés à se répéter, car l’Agence nationale des fréquences a renforcé son action de contrôle des émissions des téléphones mobiles. « Nous avons enregistré des dépassements sur quelques autres téléphones, révèle Gilles Brégant, directeur général de l’ANFR. Les procédures contradictoires sont en cours avec les constructeurs. » Il promet de publier le nom des modèles à l’issue de la procédure, qui peut prendre plusieurs mois. 

L’engagement d’un médecin 
Depuis quelques mois, l’organisme public dispose de nouveaux pouvoirs de sanction, en vertu de la directive européenne 2014/53/UE dite directive RED. Il peut par exemple infliger des amendes à l’encontre des fabricants de portables ne respectant pas les normes d’émission. Le renforcement des contrôles fait suite également à l’activisme de Marc Arazi, un médecin, ancien élu local, qui veut alerter sur les risques des ondes électromagnétiques. Il a engagé des actions, y compris en justice, pour obtenir davantage de transparence sur les mesures de DAS réalisées par l’ANFR. 

Durcissement des normes 
Ces normes ont par ailleurs été durcies. Un changement de méthode de mesure, qui s’applique aux smartphones et autres portables mis sur le marché depuis avril 2016, conduit à mesurer les émissions au niveau du tronc à une distance maximale de 0,5 cm du corps. Auparavant, les fabricants pouvaient effectuer des mesures à 2,5 cm de distance. Ces quelques centimètres changent tout : ils permettaient aux fabricants d’afficher des valeurs bien plus faibles, et donc de respecter plus facilement les normes.