samedi 21 juillet 2018

1997-2004 : le crépuscule de la liberté de la presse

A partir de 1972, une série de textes rognent durablement la liberté de la presse. Nous analyserons brièvement les quatre principaux : la loi Pleven de 1972, la loi Fabius-Gayssot de 1990, la loi Taubira de 2001, la loi Perben-Nouchet de 2004
     La loi Pleven a été présentée comme une loi contre le racisme et l’antisémitisme. Dans sa rédaction actuelle, elle prévoit un an d’emprisonnement et/ou 45 000 euros d’amende et/ou la perte des droits civiques et familiaux pour « ceux qui [par un moyen de presse] auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Ce texte mérite au moins deux observations : 
     - Il criminalise la discrimination nationale, qui est pourtant le fondement des institutions de nos cinq Républiques – et, accessoirement, de l’ensemble des Etats à travers le monde, à toutes les époques de l’humanité ; 
     - Il est dangereusement flou car l’expression « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » n’est évidemment qu’une affaire d’appréciation ! 
Or, de nos jours, critiques les politiques d’immigration (ou y proposer des alternatives) expose vite au risque d’être accusé de racisme ; le protectionnisme est une pensée suspecte de xénophobie ; celui qui dénonce la politique israélienne adopte une position « antisioniste », antichambre de l’antisémitisme – l’accusation peut être étendue à la moindre critique envers l’humoriste Bernard-Henri Lévy. De même, la réprobation de certaines pratiques de l’islam – polygamie, mutilations sexuelles, inégalité homme-femme, apologie du djihad, abattage halal, prières de rue, peine de mort pour l’apostasie... – peut illico déclencher l’accusation d’islamophobie. Et tout cela, évidemment, se règle au pénal ! 

Jean-Yves Le Gallou, La tyrannie médiatique