lundi 25 juin 2018

Le danger des ondes : la fuite des ions calcium


Il y a près de trente ans que les chercheurs américains Ross Adey et Carl Blackman ont mis en évidence un effet particulier de ces ondes électromagnétiques de fréquences extrêmement basses, et notamment de certaines fréquences multiples de 8 hertz : elles provoquent une fuite des ions calcium à travers les membranes des cellules vivantes. Le phénomène est également observé lorsque ces basses fréquences sont combinées avec des radiofréquences ou à des micro-ondes. Ces recherches, qui se sont poursuivies pendant près de vingt ans avant que les scientifiques soient contraints de les abandonner, ont été confirmées par une douzaine d’autres équipes. La mise en parallèle de ces résultats et des récentes découvertes en biologie cellulaire permet pourtant d’expliquer comment les ondes provoquent des maladies issues de réactions en chaîne impliquant une perturbation des transferts d’ions calcium. 

En effet, si 99% du calcium contenu dans notre corps est fixé dans les os, 1% reste libre de sortir et d’entrer dans toutes nos cellules. Les mouvements de ces ions calcium libres (calcium ionisé) interviennent dans un grand nombre de fonctions vitales, parmi lesquelles la contraction cardiaque et musculaire, la sécrétion de neurotransmetteurs (dont l’acétylcholine, impliquée dans la mémoire, la vigilance, et l’attention ; la sérotonine, impliquée dans la vasoconstriction, le péristaltisme (transit) intestinal et l’humeur ; le glutamate, excitateur du système nerveux), la sécrétion de l’insuline, le transport du cholestérol, la coagulation sanguine, la production d’hormones comme la mélatonine (impliquée dans le sommeil, l’humeur et le contrôle des niveaux circulants des hormones stéroïdiennes : œstrogènes féminins, testostérone masculine et cortisol du stress), l’érection, les mouvements des spermatozoïdes, la fécondation, la différenciation et la prolifération cellulaire, la vision, l’olfaction, et même l’expression de certains gènes suppresseurs de tumeurs. 

Un grand nombre de pathologies d’apparences diverses ont pour dénominateur commun une perturbation de la signalisation calcique, dont les différentes facettes ont fait l’objet de 35 000 études, publiées en majorité depuis le début des années 1980. Parmi les pathologies impliquant une perturbation de la signalisation calcique, on compte l’hypertension, l’exccès de cholestérol sanguin, l’arthérosclérose (dépôt de cholestérol sur les parois des vaisseaux), le diabète, les infarctus, l’ischémie (accident vasculaire), les allergies, les céphalées, la dépression, l’insomnie, la maladie d’Alzheimer, et même la cancérisation et les métastases

« Quand on touche à l’ion calcium, on touche à tout », résumait en juin 2003 le professeur Pierre Aubineau du CNRS de Bordeaux. Même René de Sèze, chargé des risques toxicologiques à l’Institut de l’environnement industriel et des risques (INERIS) et membre de tous les groupes d’expertise officielle sur les effets sanitaires de la téléphonie mobile, reconnaissait que « dans les effets observés des champs électromagnétiques, l’amplitude de l’effet sur le flux de calcium sortant de la cellule est le plus souvent de l’ordre de 20% et au maximum de 40% »

Cette fuite ininterrompue d’ions calcium causée, au niveau cellulaire, par l’exposition continue à une combinaison de fréquences porteuses (micro-ondes qui pénètrent dans l’organisme) et de nombreuses basses fréquences finit par déborder les capacités d’homéostasie cellulaire (retour au repos de la cellule) et par provoquer ou aggraver ces pathologies. Si elles ne sont pas nouvelles, c’est parce que d’autres agents actifs sur la signalisation calcique sont déjà présents, depuis longtemps, dans des produits de consommation courante : sodium (sel), glucose (sucre), caféine, éthanol (alcool), nicotine, métaux lourds comme le plomb, le mercure, le cadmium (autorisés en petites quantités dans les colorants alimentaires, par exemple), ainsi que l’électricité domestique de 60 hertz aux Etats-Unis et de 50 hertz dans le reste du monde. 

La « mixture » des fréquences générée par les appareils sans fil crée une sauce de plus en plus épicée et indigeste pour nos cellules. 

Annie Lobbé, Téléphone portable : comment se protéger