lundi 25 juin 2018

La nocivité de la télévision sur l’enfant

Le blog de la Liberté scolaire a ainsi résumé l’impressionnante liste des effets nocifs de la télévision tels que Michel Desmurget les a établis : la télévision « empêche le déploiement optimal des fonctions cérébrales », compromettant ainsi « l’ensemble du devenir intellectuel, culturel, scolaire et professionnel de l’enfant ». Elle fait apparaître des troubles du langage chez l’enfant, associés à des troubles de l’élocution, et ce, parce qu’elle limite les interactions entre personnes réelles et ne laisse plus à l’enfant le temps d’inventer des activités ludiques spontanées. Elle occasionne des retards de langage, limite l’acquisition de vocabulaire et freine l’accès à la syntaxe. Elle a un « impact négatif sur l’attention, les facultés d’apprentissage et la réussite scolaire à long terme », et augmente le risque de quitter l’école sans diplôme. En faisant mécaniquement baisser le temps consacré à la lecture, elle crée les conditions qui rendront difficile cette même lecture. 
     Quant à la fable des langues étrangères dont elle faciliterait l’apprentissage, notons : que les programmes sont rarement sous-titrés, voire jamais quand il s’agit de programmes pour enfants ; que même si c’était le cas, l’absence d’interaction ne favoriserait en rien l’apprentissage des langues. La télévision fait baisser le niveau scolaire mais également le niveau universitaire. L’étudiant soumis depuis l’enfance à une forte exposition à la télévision souffre de graves lacunes en orthographe et en conjugaison, il maîtrise mal la syntaxe, dispose d’un vocabulaire pauvre et manque en outre de logique, de capacité d’analyse et d’esprit de synthèse, handicap qui lui interdit évidemment tout accès à un savoir complexe. 
     La télévision, de plus en plus vécue comme « troisième parent cathodique », réduit « drastiquement le volume et la qualité des interactions parents-enfants », mutilant ainsi la sociabilité intrafamiliale. Elle castre l’imaginaire enfantin ; les enfants rejouent les scénarios des films et séries et n’inventent plus leurs propres jeux. Elle augmente la consommation de tabac et d’alcool et fait démarrer cette consommation plus tôt. Elle est un pousse-au-sexe pour des adolescents de plus en plus jeunes et contribue au taux élevé d’avortement chez les adolescentes. Elle constitue une véritable addiction psychologique aussi bien chez les enfants que chez les adultes, en accaparant l’attention de manière artificielle par le « changement perpétuel ». Enfin, la télévision fait augmenter l’obésité. Regarder la télévision plus de deux heures par jour multiplie le risque de surpoids d’un enfant de trois ans. Chez un adolescent, ce risque est évalué à plus de 50%... 
     L’étude de Michel Desmurget doit être prise au sérieux, surtout quand on sait que la moitié des Français ont pour réflexe d’allumer leur télévision quand ils arrivent chez eux... 

Jean-Yves Le Gallou, La tyrannie médiatique