mercredi 30 mai 2018

Le QI baisse dans les pays occidentaux


En 2004, Jon Martin et ses collègues de l’Université d’Oslo, étudiant les résultats aux tests de QI obtenus depuis 1950 par les conscrits norvégiens, ont observé une inversion de l’effet Flynn à partir de 1995. La même observation a ensuite été faite en Suisse, dans le canton de Vaud, ainsi qu’au Danemark. En Grande-Bretagne, la baisse du QI depuis 1884, calculée dans une étude publiée en 2013 par la revue Intelligence, s’élève à quelque 14 points. En Finlande, le QI a également baissé de deux points par décennie depuis les années 1990. En Estonie, on a constaté un déclin de 8,4 points de QI entre 2000 et 2012. D’autres résultats analogues ont été retrouvés en Norvège, en Suède, en Allemagne, en Australie, au Portugal et aux Etats-Unis. 

Le QI moyen de la population française a baissé de 3,8 points entre 1999 et 2009, passant de 101,1 à 97,3 – processus qui s’est probablement poursuivi depuis –, ce qui est déjà considérable, car le niveau général de civilisation (et pas seulement le revenu brut par habitant !) dépend largement du niveau moyen des facultés cognitives de la population générale. Dans le classement mondial des QI des nationaux, la France se classe désormais au neuvième rang, au niveau de l’Espagne et des Etats-Unis. C’est d’autant plus grave que nous entrons dans une « société de la connaissance » où les capacités cognitives vont être de plus en plus décisives : dans quelques décennies, les métiers non complémentaires de l’intelligence artificielle (AI) auront sans doute disparu. « Comme l’intelligence artificielle va être bon marché, alors que l’intelligence humaine est très chère, les gens moins doués et les moins innovants risquent d’être laissés de côté », reconnaissait récemment Laurent Alexandre, spécialiste de l’intelligence artificielle. 

Eléments n°170, février mars 2018