lundi 2 avril 2018

Pourquoi s’obstinent-ils à détruire le socle de ce pays ? En vérité, sont-ils encore français ?


Ce que je ne parviens pas à admettre, et qui me plonge dans un abîme de perplexité furieuse et désolée, c’est pourquoi tant de Français avertis concourent aveuglément, méthodiquement, voire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France – évitons le qualificatif d’éternelle, qui les révulse – sur l’autel de l’humanisme exacerbé. 

Je me pose la même question à propos de toutes ces associations de droit à ceci, à cela, de toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’Etat, ces pétitionnaires machinaux, ces médias si correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui, jour après jour, inoculent leurs discours corrosif dans le subconscient de la nation française. Big Other... 

S’il se peut, à la limite, qu’on les crédite d’une certaine part de sincérité – pour ma part, je ne vais pas jusque-là : dans Le Camp des saints, ce sont les premiers à s’enfuir - n’empêche que j’éprouve un profond malaise à l’idée qu’ils sont mes compatriotes. Pourquoi s’obstinent-ils à détruire le socle de ce pays ? En vérité, sont-ils encore français ? 

Pourquoi déclinent-il à l’infini, jusqu’à satiété, en les dissociant de la France, leurs « valeurs républicaines », à l’image de Laurent Fabius, l’un de nos ex-Premiers ministres, déclarant, en 2003, au Congrès du Parti socialiste : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là nous aurons franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République... ? » Pourquoi s’acharnent-ils tous ainsi à nier le caractère intangible – et sacré, mais cela, ils sont hors d’état de le concevoir – de la patrie charnelle ? C’est le chemin de la trahison. Big Other a sonné. On s’empresse : « Ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac). A regarder l’avenir en face, tel qu’il se présente, tel qu’il sera, Sarkozy hésite encore, un petit pas en avant, un grand à reculons... 

Jean Raspail, Big other, Préface au Camp des saints