mercredi 28 mars 2018

A lire absolument : Le camp des saints, de Jean Raspail


Le thème du Camp des saints est d’une extrême simplicité. Il peut se résumer en une vingtaine de lignes : 

Dans la nuit, sur nos côtes, au Midi de notre pays, cent navires à bout de souffle se sont échoués, chargés d’un million d’émigrants. Des pauvres gens traqués par la misère, des familles entières avec femmes et enfants, nuées venues du sud de notre monde, attirées par la Terre promise. Ils espèrent. Ils inspirent une immense pitié. Ils sont faibles. Ils sont désarmés. Ils ont la puissance du nombre. Ils sont l’objet de notre remords et de l’angélisme mou de nos consciences. Ils sont l’Autre, c’est-à-dire multitude, l’avant-garde de la multitude. Et maintenant qu’ils sont là, va-t-on les recevoir chez nous, en France, « terre d’asile et d’accueil », au risque d’encourager le départ d’autres flottes de malheureux qui, là-bas, se préparent ? C’est l’Occident, en son entier, qui se découvre menacé. Menacé de submersion. Alors que faire ? Les renvoyer chez eux, mais comment ? Les enfermer dans des camps, derrière des barbelés ? Pas très joli, et ensuite ? User de la force contre la faiblesse ? Envoyer contre eux nos marins, nos soldats ? Tirer ? Tirer dans le tas ? Qui obéirait à de tels ordres ? A tous les niveaux, conscience universelle, gouvernements, équilibre des civilisations, et surtout chacun en soi-même, on se pose ces questions, mais trop tard...

Jean Raspail, Big other, Préface au Camp des saints