vendredi 23 février 2018

Paris : la fille de Michel Déon soulagée que son père repose dans la capitale


L’opposition dénonce une polémique inutile au lendemain de la volte-face d’Anne Hidalgo. 

Après plusieurs jours de polémique, Paris a finalement accepté d’accueillir les cendres de l’écrivain et académicien Michel Déon. «Je suis soulagée par cette décision et je remercie Anne Hidalgo d’avoir reconsidéré sa position», a réagi ce mardi sa fille Alice Déon. La directrice des éditions de la Table ronde devrait être prochainement reçue par la maire de Paris pour discuter des modalités de l’accueil des cendres de son père mort le 28 décembre 2016 et de celles de son épouse Chantal décédée le 28 janvier 2018. 

Lundi, quelques heures après l’appel des 100 écrivains et éditeurs dont s’est fait l’écho la presse étrangère, la maire de Paris a accédé à la demande de famille de l’écrivain. «J’ai demandé aux services de la Ville de trouver une sépulture parisienne pour Michel Déon», écrit Anne Hidalgo, la maire de la capitale, dans un courrier adressé lundi à Alice Déon, la fille de l’écrivain. «Je partage donc l’idée selon laquelle Michel Déon devrait trouver à Paris la sépulture à laquelle son œuvre le destine, malgré les difficultés objectives que nous vaut le décalage entre 5 000 demandes et 150 places disponibles chaque année de sépultures dans les cimetières de Paris», se justifie la maire de la capitale. 

«Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais... » 
Jusqu’ici, la mairie invoquait les «règles fixées par le Code général des collectivités territoriales» pour refuser une sépulture pour les cendres de l’auteur des «Poneys sauvages». N’étant ni domicilié, ni électeur, ni décédé dans la capitale, ne remplissait pas les conditions pour être inhumé à Paris. Mais devant le tollé général, la Ville a décidé d’accorder une dérogation comme elle l’a fait pour les écrivains Susan Sontag en 2004 et Carlos Fuentes en 2012, inhumés au cimetière du Montparnasse. 

La droite parisienne a condamné cette décision tardive. «Tout cela pour cela ! s’indigne Florence Berthout, la présidente du groupe (LRI) au Conseil de Paris et maire du Ve. Rien ne justifiait cet imbroglio d’autant qu’il y avait des précédents. La décision s’imposait au regard de tout ce que cet immense écrivain apporté à la France. Je suis heureuse le bon sens qui l’ait emporté». «Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais Madame Hidalgo par sectarisme et au nom d’une idéologie dépassée a donné l’image d’un Paris qui pourrait être refermé sur lui-même alors que notre ville est tout le contraire», s’insurge la Conseillère de Paris Céline Boulay-Espéronnier, du groupe Parisiens Progressistes Constructifs et Indépendants.