mercredi 7 février 2018

Les censeurs aux mains pures

Une de Libération reprise et corrigée par nos soins

75 ans après la guerre, le comité d'épuration semble toujours prêt à fusiller les collaborateurs. Ils rejouent, pour se faire peur, la dernière guerre : ceux qui ne l'ont pas connue jugent ceux qui ne sont plus. Ils tentent de réécrire l'histoire, de la gommer, parce que cerveaux étroits, ils ne conçoivent pas que l'histoire ait pu être complexe. Ils veulent effacer toute trace des collaborateurs, ne plus en parler, ne plus les publier ? Chiche, mais alors jouons le jeu jusqu'au bout, condamnons et damnons tout ceux qui de près ou de loin se sont frottés à l'hydre nazi, ont diné à sa table ou ont respiré son odeur sans s'enfuir.
Ne parlons plus de coco chanel qui étaient au mieux avec les allemands et essaya même de récupérer l'intégralité des droits sur le parfum chanel 5 en faisant pression sur les détenteurs israélites. Rappelons qu'il y a encore 3 ans, Audrey Tautou incarnait Coco à l'écran.
Ne parlons plus non plus de Sartre évidemment, qui fit jouer ses pièces devant les allemands jusqu'en 44, ne réussissant à s'en tirer à la libération que par de bonnes relations. Ne publions plus sa complice Simone de Beauvoir et son deuxième sexe, qui en croqua aussi pendant toute la guerre. Rappelons que Lorant Deutsch a, lui aussi endossé, le rôle de Sartre à la télévision il y a quelques années.
En parlant de ceux qui ont croqué, au pilon les œuvres de Paul Belmondo, sculpteur, membre du groupe "Collaboration". Familier des diners de l'ambassade d'Allemagne pendant toute la guerre, méfions nous aussi du petit Jean-Paul, qui a bien du profiter aussi des largesses de l'occupant malgré son jeune âge.
Faisons disparaître des mémoires le philosophe Alain, membre de la Ligue de la Pensée Française, ouvertement collaborationniste, qui écrivait en outre dans la Nouvelle Revue Française de Drieu la Rochelle. Finalement il ne vaut pas mieux qu'un Céline ou qu'un Brasillach.
N'oublions pas d'oublier Cocteau enfin, qui tout comme Sartre non content de continuer à tourner pendant toute la guerre, fréquentait Ernst Jünger et Otto Abetz, allant diner chez Maxim's avec Albert Speer...
Détruisons l'œuvre de Michel Audiard qui usa de sa verve dans des journaux collaborationnistes, ne dédaignant pas d'insulter le « youpin » et autres « métêques ».
Au bucher les œuvres de Jean Effel qui dessina dans le journal collaborationniste « le rouge et bleu » et qui se racheta une vertu gaulliste en 44. Même si il n'a pas trainé trop longtemps dans la collaboration, si il y est tombé une fois, l'ensemble de son œuvre doit être suspectée.
Ridicule ??? Evidemment, comme il est ridicule de s'offusquer ou de refuser de publier des auteurs sous prétexte de leur position pendant la guerre. La culture doit être libre et permettre à chacun de lire ce qu'il veut comme il veut. La censure n'a pas à s'appliquer, ni prétendre mettre à l'index tel ou tel auteur sous prétexte de son côté sulfureux. Nous sommes des adultes et n'avons besoin de personne pour dire quoi lire et quoi penser. Nous réclamons le droit à la curiosité, à la diversité des sources et à la liberté de penser. Nous sommes scandalisés par la pression exercée par certains lobbies pour gommer de l'histoire une partie de ses éléments, rendant sa lisibilité pour les générations à venir de plus en plus complexe et biaisée.
L'histoire et la pensée sont complexes, chercher à les simplifier nous conduit tout droit au totalitarisme, et nous ne pouvons l'accepter sans rien dire.