vendredi 12 janvier 2018

Il nous faut accepter que la lutte, en ce monde, est essentiellement criminelle, puisque tout y est devenu criminalisable

Il y a une asymétrie fondamentale entre police et révolutionnaires. Tandis que la police nous prend pour cible de ses opérations, nos visées l’excèdent de très loin. L’outrance des prérogatives policières et l’inflation des moyens technologiques de contrôle dessinent un nouveau cadre tactique. Une existence purement publique accule les révolutionnaires soit à l’impuissance pratique, soit à une répression immédiate. Une existence purement conspirative laisse certes une plus grande liberté d’action, mais rend très vulnérable à la répression et politiquement inoffensif. Il s’agit donc de tenir ensemble une capacité de diffusion de masse et un nécessaire échelon conspiratif. S’organiser révolutionnairement implique un jeu subtil entre le visible et l’invisible, le public et le clandestin, le légal et l’illégal. Il nous faut accepter que la lutte, en ce monde, est essentiellement criminelle, puisque tout y est devenu criminalisable. 

Comité invisible, Maintenant