lundi 15 janvier 2018

Aide au retour et effet d’aubaine


La proposition d’une aide au retour n’est donc pas à la hauteur du problème qui se pose. L’explication en est très simple : 2 000 euros ne représentent rien au regard des avantages sociaux susceptibles d’être perçus chaque mois en France... 

On voit mal, par ailleurs, pourquoi des gens qui ont payé plus de 2 000 euros à des passeurs pour venir clandestinement en France repartiraient gentiment dans leur pays pour cette somme. 

Ces 2 000 euros ont donc simplement été touchés par 3 000 étrangers qui avaient décidé de retourner dans leur pays et pour qui les services administratifs ont rempli un dossier. C’est ce qui s’appelle un effet d’aubaine. Un petit pécule que l’on ramasse au passage à toutes fins utiles. Si la nostalgie de revoir Paris ou Marseille les prend, ils auront les moyens de le faire sans se fouler : c’est en fait une aide au retour chez nous. 

L’aide au retour n’est pas seulement inutile, elle a eu des effets pervers. Par exemple avec certaines populations roms, avant que ces dernières acquièrent un droit permanent de séjour dans les différents pays de l’Union européenne. Certaines familles percevaient l’aide au retour, partaient... puis revenaient. Le cas échéant, sous une identité légèrement modifiée

L’aide au retour n’est donc pas une solution, ni sur le plan des principes ni sur un plan pratique

Jean-Yves Le Gallou, Immigration, la catastrophe. Que faire ?