samedi 16 décembre 2017

Une virée dans la jungle avec les punks qui transforment les Vespa en monstres motorisés


Mieux que Mad Max, au beau milieu de la jungle indonésienne.

La Vespa occupe une place particulière dans les coeurs des bikers indonésiens. Mais peu d'entre eux poussent leur obsession pour le célèbre scooter aussi loin que les Vespa gembel, que l'on pourrait tenter de traduire en "clochards à Vespa", même si le terme de "vagabonds" leur plairait sans doute davantage. Pour tous les punks, rastas et métalleux qui hantent les rues du petit village de Desa Tukadaya, dans l'est de Bali, la Vespa est un support de créativité sans limite. 

Leurs Vespa sont des machines monstrueuses, dignes d'un Frankenstein reconverti dans la mécanique - mais aussi des preuves roulantes de leur ingéniosité et de leur sens de la débrouille. Ils parcourent inlassablement le pays, se retrouvant régulièrement à des rassemblements de Vespa customisées et modifiant en permanence leurs montures, dont la forme originale est à peine reconnaissable sous les pièces rajoutées - certaines machines deviennent d'improbables low-riders à 20 roues, dont la selle a été remplacée par un simple morceau de bois et dont la carrosserie est entièrement couverte de crânes, par exemple. 

Les Vespa les moins chères peuvent se négocier pour une somme dérisoire, de l'ordre de 50$, et les pièces se trouvent un peu partout. Autrement dit, quiconque d'un peu créatif et débrouillard peut transformer un vieux scooter rouillée des années 70 en une machine unique. Dès lors que votre création possède un moteur Piaggio 98cc à l'horizontale, vous faites partie de la communauté Vespa. Les cadres sont construits en acier et en bambou, les scooters sont dépouillés au maximum, et ce qui reste est ensuite couvert d'ossements d'animaux, de détritus divers, et de pièces provenant d'autres véhicules. 

Notre collègue de VICE Indonésie S. Gamboa et le photographe Orly Even se sont rendus à l'un de ces rassemblements dans la jungle de l'est de Bali.