dimanche 24 décembre 2017

Julien Langella : « Il est nécessaire d’oser affirmer que l’on préfère avoir des enfants qui nous ressemblent »


Suite et fin de notre dialogue avec Julien Langella, auteur du livre « Catholiques et identitaires, de la Manif pour tous à la Reconquête » (voir le début de l’entretien ici

Breizh-info.com : Vous dénoncez la « religion du métissage », ce « nouveau gender ». Quels dangers se cachent derrière cette nouvelle religion Benetton ? 
Julien Langella : Je distingue le métissage, choix privé, de la religion du métissage, ce culte médiatique permanent rendu bien malgré lui au « métis ». On la voit à l’oeuvre dans les publicités, au cinéma, les manuels scolaires, de manière implicite (un cadre photo montrant un couple mixte dans une publicité pour du dentifrice…) ou plus affirmée (les fake news selon lesquelles les bébés métisses seraient en meilleure santé que les autres). Cette religion est promue par des individus, membres de l’élite qui gouvernent nos vies, qui ne la pratiquent pas, à l’image des Pharisiens du temps de Jésus. Eux vivent dans des quartiers monoethniques préservés. Cette religion a donc pour but de donner un semblant d’âme à la société multiculturelle désenchantée où le vivre-ensemble n’a jamais été une réalité : il n’y a plus que le survivre ensemble. Toute société a besoin d’une idée autour de laquelle se former et se développer : sans cette idée, elle s’effondre irrémédiablement. Le métissage est le dernier gadget intellectuel à la mode pour nous faire accepter cette société Benetton génératrice de violences. Cette religion est indissolublement liée à un antiracisme d’Etat, subventionné depuis les années 80, dont la figure centrale est SOS Racisme, produit mitterrandien par excellence. 

Il est difficile pour le Français moyen de s’attaquer à cette religion, de la remettre en cause, car on lui lancera aussitôt : « tu es contre le métissage, c’est ça ? », et l’apprenti-résistant se terrera dans son silence embarrassé ponctué de marmonnements inaudibles : « pas du tout, c’est pas ça, en fait… » Et le dialogue, à défaut de procès, s’arrête là. 

Le premier danger de cette religion est donc ses effets liberticides sur le débat : on ne peut plus dialoguer sereinement de l’immigration, de la coexistence ethnique et même de la mondialisation, car le métissolâtre ramène tout à sa lubbie du mélange (« tout le monde se mélange ajourd’hui », c’est le sens de l’histoire…) qu’il vous accuse de rejeter, donc d’être néo-nazi ou en passe de le devenir. La reductio ad hitlerum est assassine. Il faut dépassionner le débat et assumer tranquillement mais fermement que, non, le mélange n’est pas la panacée de la relation entre les individus et les peuples, d’abord parce qu’il n’a jamais existé, le fondement de l’amitié étant la ressemblance ethno-culturelle, ensuite parce qu’il ne serait même pas souhaitable : ce serait le tombeau de la diversité. Plutôt que de mélanges, il faut préférer l’échange. 

On pourra toujours citer l’Amérique latine, hispanico-indienne, mais remarquez que ce sont surtout les nations blanches d’Amérique (Uruguay, Chili, etc.), au sud, qui ont atteint une certaine stabilité. La société américaine est essentiellement européenne : les conquistadors n’ont pas mélangé Marie et la Pachamama, ni le Christ et Quetzalcoatl : c’est clairement la culture européenne qui l’a emporté. S’il y a eu métissage, c’est sur le plan racial uniquement, et avec des peuples plus subtils que les Africains subsahariens (ce qui explique un relatif succès, ce qui montre que tous les métissages ne sont pas comparables), guère sur le plan culturel et spirituel. 

Le danger réel de cette religion, puisque les peuples la rejettent (il n’y a qu’à voir le white flight, « l’envol des Blancs » – comme disent les sociologues lucides – hors des zones immigrées), c’est tout simplement l’amnésie identitaire : l’oubli de notre culture, parce que l’herbe serait toujours plus verte ailleurs. Et puis, au nom de cette idéologie, et de quelques barils de pétrole, on déclare la guerre aux nations qui ne veulent pas se soumettre à Washington : « les peuples non-mélangés appartiennent aux idées périmées du XXe siècle », affirmait le général Wesley Clark, à la tête des opérations en Serbie en 1999. Clinton avait aussi justifié cette guerre du Kosovo, massacrant civils pendant 80 jours et 80 nuits de bombardement intensifs, par la nécessité de développer le modèle d’une « démocratie multiethnique ». 

La religion du métissage est tantôt séduisante, tantôt plus martiale : la carotte et le bâton du rouleau compresseur mondialiste. Elle est indispensable à l’expansion du marché : pour que tout puisse être transformé en marchandise, afin d’accumuler un maximum de profit, il faut des individus et des peuples déracinés, métissés, sans foi ni loi, car le vide identitaire qui les définit a besoin de la consommation pour leur faire oublier la vacuité de leur âme. Nous y revenons toujours, saint Paul avait mille fois raison : « l’amour de l’argent est la racine de tous les maux ». 

Le refus du métissage ethnique ne suffit donc pas. Il est nécessaire d’oser affirmer que l’on préfère avoir des enfants qui nous ressemblent, qu’il n’y a aucun mal à cela, c’est un besoin naturel (malgré l’existence de ces amnésiques de l’identité qui s’en dégotent une de rechange en se fondant dans l’Autre). Mais cela ne suffit pas : il faut vivre ce refus du métissage de manière positive, dans la redécouverte et la valorisation de ses racines. Le réenracinement est la clef. 

Breizh-info.com : Vous évoquez dans votre ouvrage « l’affrontement qui vient ». Contre qui ? La guerre civile est-t-elle inévitable ? Et comment y faire face, s’y préparer, et surtout, comme l’empêcher si c’est encore possible selon vous ? 
Julien Langella : Choisir son métier, son lieu de vie, son épouse, ses amis, bref tout son cadre de vie, son « écosystème », en fonction de cet avenir incontournable. Avec un habitant sur cinq qui est d’origine étrangère, soit environ 13 millions de personnes, dont une majorité d’Afro-musulmans, sans compter la troisième génération d’immigrés (puisqu’ils sont « français » par le magie du droit du sol), et puisqu’il n’y a aucun signe d’accalmie multiculturelle, l’affrontement est inévitable. D’ailleurs, il a déjà commencé et nous avons perdu les premières batailles dès lors que les viols de jeunes Françaises ne sont suivis d’aucune réplique. En Corse, c’est différent… L’assimilation est un phénomène social marginal qui concerne une infime minorité d’immigrés de bonne volonté. Ils existent mais sont trop peu nombreux. Le politique étant l’art du bien commun, on ne fonde pas un discours et des propositions sur des exceptions. Cette lubie moderne est caractéristique de la gauchisation mentale : « moi, j’en connais qui est sympa », « ils ne sont pas tous comme ça » et autres lieux communs puérils. Nous devons raisonner à partir des constantes, pas des variables. L’assimilationnisme (la croyance en l’efficacité des politiques d’assimilation, comme si on pouvait franciser les gens par décret) est une idée de gauche, héritière du mythe universaliste de l’idéologie républicaine, c’est l’actualisation de la pensée rousseauiste selon laquelle le sauvage est forcément bon : s’il est mauvais, c’est que nous nous y sommes mal pris avec lui, c’est donc toujours la faute des Blancs, qui doivent se racheter en assimilant ces immigrés qui nous détestent. C’est la variante de droite de la repentance. Cette idéologie doit donc être combattue, particulièrement au sein de la droite où elle continue de sévir par paresse intellectuelle. 

L’objectif qui doit être le nôtre, c’est le réenracinement sous toutes les formes et par tous les moyens : conquérir des bastions locaux imprenables, par la participation aux élections locales, aux comités de quartier, la création d’écoles indépendantes, des paroisses vigoureuses et missionnaires, etc. Il faut reconquérir notre pays et cette reconquête ne peut se faire que par le bas, le local. 

Breizh-info.com : Ne pensez vous pas que votre message soit finalement assez marginal chez les catholiques ? 
Julien Langella : De moins en moins : le vote FN explose chez les catholiques, c’est au sein de cette catégorie de population qu’il a le plus augmenté, même si Marine Le Pen a déçu lors du fameux débat. Mais les bourgeois qui votent Macron pour la suppression de l’ISF ne sont pas le seul visage des catholiques de France, il y en a bien d’autres qui, grâce à Marion Maréchal-Le Pen entre autres, ont bien compris la jonction évidente entre la résistance catholique et le combat identitaire. Le sentiment identitaire est une lame de fond qui touche toute la France, les chrétiens de gauche s’en inquiètent d’ailleurs : tous évoquent « l’effondrement de la digue catholique » sous la vague du FN. Il ne s’agit pas de savoir si le FN est à la hauteur de cet enjeu mais de constater les faits. Cette lame de fond qui traverse la France touche aussi l’Église avec des jeunes prêtres plus conservateurs que leurs aînés, portant volontiers la soutane et n’appelant plus explicitement, ni même implicitement, à voter pour tel ou untel : nous sortons d’une crise moderniste qui a toujours ses soutiens mais qui, l’âge aidant, ont tous un pied dans la tombe. Dans les années 80, plusieurs évêques appelaient clairement à voter contre le FN ; aujourd’hui, cela a disparu et Marion Maréchal-Le Pen est invitée par Monseigneur Rey à Toulon. L’évolution est tout de même visible. À nous, catholiques et identitaires, de nourrir cette dynamique, de l’aider à accoucher de son potentiel, et cela commence par des choses toutes simples : des prêtres, partout en France, veulent fêter les grands moments de l’année liturgique de manière plus enracinée, aidons-les, inscrivons notre culture dans cette Église renaissante et semons de l’enracinement partout autour de nous. 

Breizh-info.com : « Combattre, c’est aimer » écrivez vous en conclusion. Mais ne faut-t-il pas justement « s’aimer les uns les autres », sans distinction, sans hiérarchie, et de manière universelle ? N’est ce pas là le message principal de l’Église ?
Julien Langella : Non, c’est le message de Satan. Le démon sait bien que l’amour universel est techniquement impossible puisque, par définition, les « autres » sont toujours plus nombreux que son frère, son ami ou son voisin. S’il promeut cette caricature d’amour, c’est pour empêcher la véritable charité : celle que nous devons en priorité à nos frères, auxquels nous sommes unis par des liens de filiation (familiale, ethnique ou culturelle), et qui est la condition sine qua non de toute communauté spirituelle (et de toute « communauté », tout court !), puisqu’un chrétien isolé est une âme en danger. 

Saint Augustin, obéissant au 4ème des 10 commandements (« Honore ton père et ta mère », donc ta famille, des ancêtres et ta patrie, selon le Catéchisme officiel de l’Église), affirmait que nous devons la charité en priorité à ceux auxquels « nous sommes unis comme par un certain sort ». Saint Thomas et toutes les grandes voix de l’Église ont répété ce principe jusqu’à nos jours, même si les prélats occidentaux sont encore très timides sur la question. Mais l’enseignement ordinaire de l’Église, lui, ne varie pas. Il y a un ordre dans la charité qui est voulu par la loi naturelle, ce vade-mecum de la vie sur terre inséré dans le cœur humain par le Bon Dieu, car nous tendons naturellement à l’amour des nôtres, cette « naturalité » est le signe que cet amour est bon et qu’il faut le mettre en œuvre. J’ose un parallèle : le plaisir sexuel est le signe que Dieu approuve l’union des corps, mais Il veut l’ordonner à un but plus haut que l’auto-consommation : l’amour des époux et la création d’une famille. Tout est question d’ordre et de hiérarchie des valeurs dans la doctrine catholique. Le désordre humanitaire tiers-mondiste est à l’opposé. Le bon Samaritain, pour reprendre la figure favorite des chrétiens immigrationnistes, ne ramène pas sous son toît l’homme qu’il a soigné, il le dépose dans une auberge où il prend soin de lui mais reprend ensuite sa route. 

Le bon Samaritain n’est pas immigrationniste, il est seulement charitable. Cette parabole a été prononcée par le Christ dans un contexte socioculturel bien particulier : l’esprit des Hébreux de son temps était corrompu par une conception comptable de la charité, de la même manière qu’ils avaient une vision comptable de la justice (la loi du Talion, « œil pour œil, dent pour dent »). Le Christ leur a rappelé que la charité envers son épouse ou ses enfants est aisée, mais qu’il ne demande pas d’effort particulier de la volonté. Or, le christianisme, c’est l’imitation du Christ, l’ascèse parfaite, la maîtrise de ses passions au service du Bien. 

D’où l’affirmation de cette exception à l’ordre dans la charité que le Christ donne en exemple : s’il y a une priorité dans la charité, il n’y a pas d’exclusivité. La personne réellement dans le besoin, malade et affligée, que nous rencontrons dans la rue, doit recevoir notre aide. Mais son bien peut être de ne pas lui tendre des billets qui vont irriguer des réseaux de prostitution. Celui qui chasse un Rom agressif d’un parvis d’église lui rend un grand service. Certes, ce n’est pas fait avec un grand élan affectif, mais il ne faut pas confondre l’amour avec l’affect : l’amour suit une voie, celle du Bien, définie par la raison ; l’affect ne suit que le désordre de la passion qui le commande, toujours égotique et narcissique. 

C’est pour cela que des prêtres refusent de donner de l’argent, mais seulement de la nourriture ou des vêtements : je peux vous assurer que les faux mendiants ne reviennent plus. Si tous les prêtres agissaient ainsi, il n’y aurait plus de Roms au pied des églises. Pour le reste de la société, cessons d’en vouloir à l’Église, notre mère, comme des enfants capricieux, et faisons plutôt notre boulot en décourageant toutes les formes de parasitisme de s’installer ici ou là.