lundi 11 décembre 2017

A Paris, tolérance zéro pour les deux-roues circulant sur les trottoirs

La mairie de Paris promet de traquer les deux-roues circulant ou stationnant sur les trottoirs. Les amendes vont se multiplier. 
Ils constituent une vraie alternative à la voiture ou aux transports en commun pour de nombreux Parisiens. Mais l’invasion des scooters, vélos, trottinettes, gyropodes, hoverboards et même des skateboards sur les trottoirs parisiens commence à agacer sérieusement les piétons

« J’ai emprunté les trottoirs à scooter pendant plusieurs mois pour éviter les embouteillages monstres provoqués par le chantier du tramway dans le secteur de la porte de Saint-Ouen ou de Clichy », reconnaît Daniel, un motard. Une infraction qui peut coûter très cher puisque le montant de l’amende dans ce cas s’élève à 135€, pour les scooters comme pour les vélos. De nombreux cyclistes montent aussi sur les trottoirs pour échapper au pot d’échappement de la moto juste devant, parce que la piste dédiée aux vélos est jonchée de débris de verre ou que la voie en contresens cyclable leur semble trop étroite et donc dangereuse. 

Face à la multiplication des conflits entre piétons et deux-roues, Laurence Goldgrab, nouvelle présidente du groupe PRG Centre et Indépendant au Conseil de Paris, a interpellé le préfet de police et la ville lors du dernier Conseil, le 21 novembre dernier. « Nous sommes nombreux sur ces bancs à avoir constaté qu’il est de plus en plus fréquent de croiser sur nos trottoirs des vélos ou scooters. Pour remonter un sens interdit, pour couper un feu rouge ou pour court-circuiter un embouteillage. Le piéton, qu’il soit mal voyant, accompagné de ses enfants ou tout simplement rêveur, peut être surpris et agacé par ces incivilités », a souligné la conseillère de Paris (PRG). 

Les chiffres sont éloquents. Selon Christophe Najdovski, l’adjoint écologiste à la maire de Paris chargé des déplacements, 87 % des accidents sur les trottoirs impliquent un véhicule motorisé

Des agents spécialisés 
Face à l’ampleur du phénomène, la Ville s’est fixée pour objectif « de mettre fin au stationnement non autorisé sur les trottoirs dès la fin de l’année prochaine ». Au 1er janvier 2018, les Agents de surveillance de Paris (ASP) passeront sous la coupe de la ville de Paris. La moitié des effectifs seront affectés à la réglementation de l’espace public. «. Ces nouveaux personnels auront pour mission prioritaire de faire respecter le Code de la route. Ils devront veiller à la sanctuarisation des trottoirs pour que les piétons puissent circuler en toute sécurité, car ils sont les plus vulnérables », a insisté l’adjoint d’Anne Hidalgo. 

Parallèlement, la Ville créera « plus de 2000 nouvelles places de stationnement pour les deux-roues dans les zones prioritaires d’ici la fin de l’année et 10 000 places pour les vélos d’ici 2020 ». 

Le préfet de police prône lui aussi « la politique de la tolérance zéro ». « La circulation sur les trottoirs est inadmissible au regard de la grande vulnérabilité des piétons », martèle Serge Boulanger, le représentant du préfet de police. 

Entre janvier et octobre 2017, 3 356 procès-verbaux ont été dressés pour la seule infraction de circulation sur les trottoirs contre 1 743 en 2016, soit une augmentation de plus de 100 % de la verbalisation. Par ailleurs les effectifs de vidéoverbalisation ont été renforcés afin de pouvoir exploiter les images et identifier les auteurs grâce au relevé des plaques minéralogiques. « Ce dispositif s’amplifiera dans la capitale », prévient le représentant du préfet de police. 1 400 amendes ont également été dressées pour le stationnement gênant (35€), voire très gênant (135€), comme par exemple sur une piste cyclable, entraînant dans ce cas l’enlèvement du véhicule.