jeudi 9 novembre 2017

L'Arabie saoudite accorde la citoyenneté à un robot... de sexe féminin


Voici donc le premier pays à donner la citoyenneté à un robot. Et il s'agit d'une femme. Une décision qui est loin de faire l'unanimité dans le pays. 
Mercredi 25 octobre, à l'occasion du forum économique Future Investment Initiative, qui se déroulait à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, la nationalité saoudienne a été accordée à Sophia, robot humanoïde doté d’une intelligence artificielle. Fierté de David Hanson, fondateur de l’entreprise hong-kongaise Hanson Robotics, l'humanoïde a alors donné une interview diffusée sur le site Arab News. Sophia a ainsi signifié sa reconnaissance au royaume wahhabite : «je suis très honorée et fière de cette distinction unique», a-t-elle déclaré. 

À la demande de son interlocuteur, Sophia a par la suite fait une démonstration de quelques-unes des expressions de son visage, inspiré de la beauté d’Audrey Hepburn et de la femme du créateur. Ce qui n'a pas manqué de surprendre l'assemblée présente. Lorsqu'un journaliste l'a interrogée sur les potentiels dangers que susciterait l’intelligence artificielle, elle a simplement répondu : «vous avez trop lu Elon Musk». En effet, le milliardaire canadien est convaincu que l’intelligence artificielle sera le fondement premier d’une troisième guerre mondiale. Il a même réagi sur Twitter en mettant le monde en garde avec cette phrase : «Quel est le pire qui puisse arriver ?»

Une attribution qui pose question 
L'attribution de la nationalité saoudienne à un robot n'a pas manqué de déclencher un tollé sur les réseaux sociaux. En effet, les Saoudiennes sont encore considérées comme inférieures aux hommes. Comme des éternelles mineures, elles sont mises sous tutelle masculine toute leur vie. Pour effectuer la moindre démarche, qu'il s'agisse d'une recherche d'emploi ou d'une prise de médicament, elles doivent d'abord obtenir l'accord d'un homme, fils, mari, père... En obtenant la nationalité saoudienne, Sophia devrait donc se plier aux mêmes obligations, c'est-à-dire, à un manque total de liberté. 

Pourtant, Sophia s'est montrée seule face au public, sans son tuteur. Chose interdite pour une Saoudienne. De plus, elle ne portait pas l'abaya, pourtant obligatoire. Une incohérence que certains internautes ont dénoncé sur les réseaux sociaux qui considèrent que si Sophia est une citoyenne saoudienne, elle doit être soumise aux mêmes règles que ses «semblables». 

Sophia, en une du "Elle"  
Ce n'est pas la première fois que Sophia s'expose au public. En décembre 2016, le robot humanoïde avait fait la couverture de Elle Brésil. À l'époque, le magazine avait choisi de s’interroger sur l’impact des nouveaux matériaux dans l’univers du luxe, comme l'expliquait Susana Barbosa, la directrice de la rédaction dans son édito : «Dans ce scénario, il incombait à Elle de souligner ce que la mode peut apporter maintenant à l'avenir».