lundi 16 octobre 2017

Paris envisage aussi la disparition des voitures à essence d'ici à 2030



Cette mesure serait la mise en application du plan climat de Nicolas Hulot qui prévoit l'interdiction de la commercialisation des véhicules diesel et essence dans toute la France d'ici à 2040. Elle sera soumise à une votation citoyenne, promet Anne Hidalgo.
La nouvelle va faire bondir les automobilistes de la région parisienne. La mairie de Paris a confirmé ce jeudi son intention de bannir tous les véhicules à moteurs thermiques, c'est-à-dire essence ou diesel, des rues de la capitale en 2030. «Il s'agit d'une stratégie qui vise à définir une ville neutre en carbone à moyen et long terme», a précisé sur France Info Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports, confirmant ainsi l'information dévoilée plus tôt par la radio.

D'après la mairie de Paris, contactée par Le Figaro, le choix d'une sortie des voitures essence et gazole en 2030 a été fixé au cours d'une réunion technique de travail dont l'objectif était de définir les contours du nouveau plan climat de la capitale. Pour rappel, le plan actuellement en vigueur, destiné à améliorer la qualité de l'air dans Paris, prend fin en 2020. Pour son renouvellement, les équipes d'Anne Hidalgo ont décidé d'y intégrer les objectifs annoncés à l'échelle nationale par le ministre de l'Écologie, Nicolas Hulot. En juillet dernier, lors de la présentation de son plan climat, ce dernier a fait part de son souhait de mettre fin à la commercialisation des véhicules les plus polluants d'ici 2040. Autrement dit, les véhicules roulant au diesel ou à l'essence.

«Nous sommes en train d'élaborer notre prochain plan climat avec un groupe d'experts et après consultation pendant un an d'un collège de 800 Parisiens et d'ONG. L'objectif d'une sortie des voitures thermiques dès 2030 en fait partie. Ce plan climat sera soumis au printemps aux élus parisiens. J'ai aussi décidé de l'assortir d'une votation citoyenne. Et je pense que les Parisiens le soutiendront dans leur grande majorité», a expliqué Anne Hidalgo vendredi dans un entretien au journal Le Parisien .

Selon la maire de Paris, la date de 2030 a été choisie car «il y a urgence». De plus, «nous sommes en capacité de le faire. Tous les constructeurs automobiles se tournent, bon gré mal gré, vers l'électrique ou vers l'hydrogène (...) Si l'on accompagne les changements technologiques en cours par des aides financières pour les particuliers et les professionnels, comme nous le faisons à Paris, notre objectif de sortie du diesel et de l'essence est atteignable», assure-t-elle. «On trace un chemin. D'ici à 2030, on a le temps de passer à un parc automobile où la part du thermique aura été réduite…et cela sans brutalité». Ses propos relayent ceux de Nicolas Hulot qui affirmait l'été dernier que «nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse (...) qui est aussi un agenda de santé publique».

Anne Hidalgo avait déjà fait part de son souhait de bannir tous les véhicules diesel de sa ville d'ici 2025. Avec un objectif final: faire de Paris une ville sans voiture. La mise œuvre de ce plan se fait de manière progressive. Elle a débuté en septembre 2015 par l'interdiction de circulation des poids lourds et des autocars datant d'avant octobre 2001. Et depuis le 1er juillet 2016, aucun véhicule polluant, désigné comme tel par sa vignette, ne peut circuler dans la capitale du lundi au vendredi de 8 heures à 20 heures, 7 jours sur 7. À l'échéance de 2020, seuls les véhicules répondant aux critères de pollution les plus exigeants seront autorisés.
Autre versant de cette lutte contre la voiture: la piétonisation. En juin dernier, le préfet de police de Paris a acté la fermeture définitive des voies sur berge. Le vélo est aussi favorisé. Les chantiers se multiplient dans les quatre coins de la ville pour diminuer la place laissée aux voitures en faveur de ces derniers. Pour rappel, Anne Hidalgo veut passer de 700 à 1400 km de pistes cyclables en 2020. De grands axes, tels que la rue de Rivoli, l'avenue Franklin-Roosevelt, le boulevard Voltaire ou l'avenue de la Grande-Armée, sont concernés. À cela s'ajoutent les journées de circulations alternées en cas de pic de pollution ou encore les journées sans voitures, comme celle du 1er octobre dernier, qu'Anne Hidalgo souhaiterait «plus fréquentes, mensuelles, pour multiplier les occasions de vivre la ville autrement».
Mais toutes ces décisions font grincer des dents les automobilistes et les Parisiens qui souffrent des embouteillages de plus en plus importants. Même l'objectif final de lutte contre la pollution a été égratigné par un récent rapport d'Airparif qui indique que la piétonisation de la rive droite de la Seine n'a pas eu d'impact «significatif» sur l'exposition de la population à la pollution de l'air. Mais la mairie de Paris campe sur sa position. «L'idée c'est de planifier à long terme, avec une stratégie qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre», affirmait encore ce matin Christophe Najdovski.

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