dimanche 29 octobre 2017

Les ultrasons et l’écologie


L’US Navy envisage de mettre en place un nouveau modèle de sonar capable de couvrir près de 80% des océans. Cet appareil ultrasonore, appelé Lfas (Low Frequency Active Sonar, sonar actif à basse fréquence) serait en mesure de détecter les sous-marins ennemis à grande distance. Les répercussions du Lfas sur la vie sous-marine inquiète la communauté internationale. L’Europe a pour sa part demandé un moratoire visant à définir son impact exact sur les mammifères marins. Les mammifères utilisent le principe de l’écholocation pour se déplacer, communiquer et localiser leur nourriture. Le cétacé peut ainsi déterminer la distance, la taille, la forme et la texture de l’obstacle qu’il a repéré. A titre de comparaison, le dauphin perçoit les sons compris entre 100 Hz et 150 kHz, tandis que l’audition de l’homme demeure comprise entre 18 Hz et 18 kHz. 

D’une puissance de 240 dB, le système Lfas émet des ultrasons qui atteignent encore, à 480 km de leur source, une puissance de 120 dB, niveau susceptible de perturber, selon les spécialistes, les mouvements migratoires des cétacés. Des essais de ce sonar ont été mis en cause après des échouages et décès de cétacés en Grèce, aux Bahamas et dans les îles Canaries. Les animaux autopsiés ont révélé qu’ils avaient succombé à des hémorragies de l’oreille interne. De leur côté, les pêcheurs inquiets de la diminution des prises dans leurs secteurs concernés par les essais de ce sonar ont sollicité l’évaluation des répercussions de tels appareils sur les bancs de poissons. 

Selon certains scientifiques, en l’état actuel des recherches, si un ensemble de risques semble capable de compromettre la santé des cétacés, encore trop peu d’éléments permettent de rattacher les conséquences à l’utilisation du Lfas. Il est cependant étrange d’enregistrer, après des manœuvres militaires de l’OTAN, un nombre anormal de baleines ayant succombé à des hémorragies cérébrales (12 baleines en 1996 en Grèce et 15 en septembre 2002 aux îles Canaries)

Gérard Desmaretz, Le renseignement high-tech