samedi 23 septembre 2017

Quand un robot piraté attaque à coups de tournevis


La société de cybersécurité IOActive a mené une expérience de piratage de robots domestiques et industriels pour montrer le danger qu'ils peuvent représenter pour l'Homme. De quoi alimenter l'alerte tout juste donnée par 116 chefs d'entreprises sur les robots tueurs.

Serons-nous en sécurité, entourés de robots dans la vie comme au travail ? La question mérite d'être creusée. Dans un article publié mardi 22 août, le site américain Bloomberg raconte l'expérience réalisée par la société IOActive. Ce spécialiste de la cybersécurité a piraté trois appareils pour montrer qu'ils pouvaient devenir des outils blessants et d'espionnage. 

IOActive a d'abord piraté un bras robotisé du fabricant Universal Robot, destiné à l'industrie. Ses équipes ont réussi à réécrire le fichier informatique qui règle la sécurité de l'appareil, l'autorisant à repousser les limites de la vitesse de ses mouvements et surtout modifiant la sensibilité des capteurs de présence censés empêcher la collision avec un humain. D'après les propos confiés par IOActive à Bloomberg, la force de frappe atteinte était suffisamment grande pour provoquer une fracture de la boîte crânienne

Contrôle des micros et des caméras 
Comme le montre le gif animé ci-dessous, l'expérience a aussi transformé le robot domestique Alpha 2 de la société UBtech en véritable agresseur donnant des coups de tournevis, après que IOActive en a pris le contrôle grâce à un malware. La société a également pris le contrôle d'un robot Nao de la société SoftBank Robotics pour en maîtriser les micros et caméras et en faire un outil d'espionnage.

Cette expérience montre les limites des normes de sécurité des robots, en particulier contre les piratages. Surtout, elle alimente des inquiétudes déjà fortes. Dimanche 20 août, 116 chefs d'entreprise, dont Elon Musk, publiaient une lettre ouverte pour alerter les Nations Unies sur le danger des robots tueurs, qui n'existent pas encore mais que les progrès en robotique et intelligente artificielle sortent de la science fiction.