mercredi 13 septembre 2017

PMA...combat déjà perdu ?



Le top départ sur le sujet de la PMA pour « toutes » a été lancé en début de semaine par la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Déjà avant les vacances, un premier coup de sonde avait été lancé profitant de la concomitance entre la « marche des fiertés » et le rapport du CCNE préalablement purgé de ses membres indépendants sur le sujet. L'orchestration est parfaite, organisée par l'univers journalistique, chef de cœur sachant jouer des passions humaines comme d'un violon. D'un côté et de l'autre, on agite le spectre de 2013 et de la Manif Pour Tous. A droite et chez les cathos, on s'insurge comme toujours, reprenant le vieil argument du papa et de la la maman et du droit de l'enfant. A gauche et chez les libéraux, la ritournelle de la liberté, de l'égalité.... Dans les arrières salles, on commence à fourbir les armes, qui pour défourailler du catho, qui pour défendre la famille, qui pour espérer briller en tête de manif, comme en 2013....
Le terrain est posé et chacun du fond de sa tranchée attend le top départ pour continuer le simulacre de bataille débuté il y a cinq ans avec les débats sur le mariage pour tous...
Mais comme en 2013, la partie est déjà perdue si l'on va sur le terrain de l'adversaire. Il faut sortir la question de la PMA du droit et de la famille, pour l'attaquer au cœur. La PMA n'est qu'un avatar de plus de l'idéologie libérale triomphante. Elle ne fait qu'offrir un « produit » à des gens qui ne peuvent pas se le procurer eux même.
C'est le libéralisme qui fait mesurer le bonheur ou l'épanouissement à l'aune de l'individu et non à l'aune de la communauté nationale. Le libéralisme aussi qui réclame la responsabilité de chacun pour ne pas sombrer dans les abus. Toujours le libéralisme qui prône que le meilleur gagne et que les autres survivent comme ils peuvent. La conception même d'un enfant avec la PMA devient sélection artificielle, guidée par la « main invisible » du médecin qui va trier et décider qui aura le droit de vivre, de mourir ou de resservir peut-être plus tard en cas de nouveau « projet parental ».
la conception est planifiée, organisée (souvent même, on oublie de le dire, elle échoue), donnant l'illusion de pouvoir tout gérer, tout conserver pour plus tard. La PMA et la congélation d’ovocytes, ne deviennent -ils pas une valeur d'ajustement dans le plan de carrière de nos nouvelles Wonder Woman ?
La cohérence voudrait non pas que l'on interdise la PMA uniquement aux femmes lesbiennes, et célibataires, mais à tous. C'est une pratique moralement inhumaine, non seulement par la destruction de petits hommes en devenir, mais aussi par toute l'idéologie libérale mortifère que cet acte sous-tend.
Mais les couples stériles, faut-il les condamnées définitivement alors que l'on « sait » faire? La stérilité est un drame, et nous sommes tous confrontés de prêt ou de loin à cette souffrance qui semble si fréquente en notre temps. Mais il s'agit là encore de cohérence, le libéralisme détruit le monde puis créait des prothèses pour aider à y survivre.
Que chaque personne se disant contre la GPA commence à son petit niveau par arrêter de stériliser le monde. L'agriculteur qui utilise des pesticides, l'industriel qui laisse des perturbateurs endocriniens dans ses produits, les femmes qui prennent la pilule et polluent les rivières. Les patrons qui exploitent et stressent leurs employés. Le consommateur qui achète de la nourriture toxique tous les jours, le conducteur qui va prendre sa voiture pour 500m...
Si chaque personne se disant contre la GPA acquière un peu de cohérence intellectuelle et tend à se défaire de l'idéologie libérale, alors la victoire sera bien plus grande et efficace qu'une loi qui peu être supprimée d'un trait de plume une fois le pouvoir atteint.