lundi 18 septembre 2017

La nocivité des ondes


L’emploi de certaines nouvelles techniques développées à des fins guerrières n’a pas tardé à déboucher sur des applications civiles et à comporter des effets néfastes pour la santé et l’environnement. Le téléphone cellulaire fait désormais partie de notre quotidien, et de plus en plus de personnnes se plaignent de maux dont ils rendent les 36 000 antennes responsables (la norme fixe le seuil à 41V/m, alors que les associations de consommateurs réclament 4V/m). Aucun fabricant de matériel électrique n’avertit les usagers qu’ils ne devraient pas être exposés à un champ électrique alternatif supérieur à 10V/m. Combien d’entre nous savent que le nombre d’appareils électriques utilisés quotidiennement dépassent largement ce seuil ? Un rasoir électrique dépasse de 75 fois la norme, un sèche-cheveux, plus de 10 000 fois, et une banale brosse à dents électrique, de 300 fois ! Quand le commandant de bord demande d’éteindre les téléphones et les ordinateurs portables, il craint le brouillage du système de navigation, rien de moins ! Dans les années 1970, un Tornado s’écrasa dans les environs de Munich. Ses appareils de bord auraient été perturbés par l’antenne de Radio Free Europe. En 1967, à bord du porte-avions Forrestal qui naviguait dans le golfe du Tonkin, un missile se décrocha d’un avion. L’accident fit 134 morts parmi les marins. Le déverrouillage du missile avait été provoqué par l’onde d’un radar qui avait balayé le pont

Dans la bataille opposant les associations de consommateurs aux opérateurs, on a pu établir que les personnes demeurant à 200 m d’une antenne relais souffraient de troubles divers, tels que fatigue chronique, perturbation du sommeil, ménopause prématurée, allergies, migraines. Dès les années 1980, l’épidémiologiste américaine Nancy Wertheimer et Ed Leeper affirmaient que les enfants vivant à proximité des lignes électriques à haute tension couraient davantage de risques de développer une leucémie que les autres enfants. Ces travaux ont été confirmés en 1996 par l’Académie nationale des sciences des États-Unis

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Une autre étude épidémiologique a démontré qu’une surdose de champs magnétiques pouvait être à l’origine d’effets néfastes sur la santé : pathologies cancéreuses, troubles neurologiques, dépression, ou bien encore avortements spontanés. D’autres travaux ont démontré que le fait de travailler dans un environnement magnétique provoquait un effondrement du système immunitaire. En novembre 2002, lors d’un congrès européen de la médecine du travail, Jacques Surbeck a pu prouver, grâce à une « puce ADN », la nocivité des écrans d’ordinateurs. Il a renouvelé l’expérience en déposant la « puce ADN » pendant une semaine à 9 et 40 m d’une antenne relais pour téléphone mobile. Il a constaté des cassures dans la séquence d’ADN. Déjà, en 1993, une étude conduite par le professeur Henry Layi pour le compte du Gouvernement américain avait établi que des rats soumis à des radiations des radiations d’une puissance inférieure à celles émises par un téléphone portable présentaient un ADN morcelé. 

Quittons maintenant les rats dont les études ne seraient, au dire des experts, non transposables à l’homme. Un groupe de chercheurs suisses a effectué des expérimentations sur 16 volontaires sains. Pendant trente minutes, ils ont été soumis à un champ électromagnétique dont l’intensité équivalait aux puissances maximales auxquelles les utilisateurs de portables sont exposés. L’imagerie cérébrale a révélé des augmentations locales du flux sanguin dans l’hémisphère exposé aux rayonnements. Les chercheurs ont été surpris de constater que l’effet persistait tout au long de la nuit, et que la modification cérébrale se produisait de manière symétrique dans les deux hémisphères. Cela tend à démontrer que l’action des micro-ondes sur le cerveau ne serait pas d’ordre thermique. Un article paru dans Science & Vie en septembre 2001 avant « qu’avant d’être transmises sous forme de paquets de données, les conversations échangées sont numérisées puis compressées. L’envoi permet à huit portables d’utiliser simultanément le même canal, sous forme de salve. Et ce sont ces salves qui induisent de basses fréquences »

Les dangers sont perçus différemment selon les pays. C’est du moins ce que tend à souligner une étude américaine. Les Brésiliens craignent les effets susceptibles d’affecter le rythme cardiaque, lorsque le portable est placé dans la poche de la veste, près du cœur, et les répercussions sur la virilité quand il se trouve dans la poche du pantalon. L’entreprise Levi’s a d’ailleurs annoncé le lancement (2003) d’un pantalon aux poches renforcées d’une doublure antiradiation. Les Britanniques s’inquiètent plutôt des radiations provoquant éventuellement des tumeurs au cerveau et des pertes de mémoire. L’ennemie commune est la chaleur. A titre indicatif, l’augmentation de la température du cerveau générée par un portable appuyé contre l’oreille est de l’ordre de 0, 2° C, et il faudrait une augmentation de la température de 1° C pour que cela devienne dangereux pour la fertilité. 

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Les effets indésirables des champs électromagnétiques sur l’organisme humain semblent avoir été étudiés dès 1950 par les Soviétiques. Ces derniers ne tardèrent pas à conclure que des perturbations peuvent se manifester, par ordre d’apparition, dans le système nerveux central (SNC), le système cardio-vasculaire, le système vasculaire périphérique, le système hormonal, la thyroïde, l’hypophyse, les glandes surrénales et le système endocrinien

Gerard Desmaretz, Le renseignement high-tech