mercredi 16 août 2017

Turquie : le Parlement européen demande l’arrêt du processus d’adhésion


Les eurodéputés réclament l’abandon de la réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. 

Le Parlement européen à une nouvelle fois demandé jeudi que les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne soient suspendues si le pays mettait en œuvre la réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. 

Les eurodéputés ont adressé cette demande à la Commission européenne ainsi qu’aux États membres de l'UE, décisionnaires en la matière, dans une résolution non contraignante votée à une large majorité (477 voix pour, 64 contre, 97 abstentions) en session plénière à Strasbourg. 

Ils réclament que l'UE suspende “formellement les négociations d'adhésion avec la Turquie sans plus attendre si le paquet de réformes constitutionnelles est mis en œuvre tel quel”. La réforme, approuvée par référendum en avril, prévoit la suppression des fonctions de Premier ministre au profit du président qui pourra agir par décrets et contrôler le pouvoir judiciaire. 

Par ce vote, les eurodéputés ont ainsi exprimé leur inquiétude sur “le recul de l'État de droit, des droits de l'homme, de la liberté des médias et de la lutte contre la corruption” en Turquie, et condamné “le soutien répété du président turc à la réintroduction de la peine de mort”. 

Le Parlement européen a toutefois souhaité “le maintien d'un dialogue ouvert et constructif” avec Ankara, notamment sur les questions des migrants et de la lutte antiterroriste, alors que les négociations d'adhésion de la Turquie, lancées en 2005, sont toujours au point mort. 

Le régime turc a lui dénoncé la décision, le Premier ministre Binali Yildirim la qualifiant de “sans importance”, “nulle et non avenue”. Le ministre des Affaires européennes Omer Celik a enfin raillé une “décision politiquement motivée” qui “sabote les relations” avec Bruxelles.