dimanche 13 août 2017

S'organiser pour ne plus devoir travailler

 Les planques se font rares, et à vrai dire, c'est bien souvent perdre trop de temps encore que de continuer à s'ennuyer. Elles se signalent en outre par de piètres conditions de sieste et de lecture.
     On sait que l'individu existe si peu qu'il doit gagner sa vie, qu'il doit échanger son temps contre un peu d'existence sociale. Du temps personnel, pour de l'existence sociale : voilà le travail, voilà le marché. Le temps de la commune échappe d'emblée au travail, il ne marche pas dans la combine, il lui en préférera d'autres. Des groupes de piqueteros argentins soutinrent collectivement une sorte de RMI local conditionné par quelques heures de travail; ils ne font pas les heures, mettent en commun leurs gains et se dotent d'ateliers de confection, d'une boulangerie, mettent en place les jardins dont ils ont besoin. 
     Il y a de l'argent à aller chercher pour la commune, aucunement à devoir gagner sa vie. Toutes les communes ont leurs caisses noires. Les combines sont multiples. Outre le RMI, il y a les allocations, les arrêts maladie, les bourses d'études cumulées, les primes soutirées pour des accouchements fictifs, tous les trafics, et tant d'autres moyens qui naissent à chaque mutation du contrôle. Il ne tient pas à nous de les défendre, ni de nous installer dans ces abris de fortune ou de les préserver comme un privilège d'initié. Ce qu'il est important de cultiver, de diffuser, c'est cette nécessaire disposition à la fraude, et d'en partager les innovations. Pour les communes, la question du travail ne se pose qu'en fonction des autres revenus existants. Il ne faut pas négliger tout ce qu'au passage certains métiers, formations ou postes bien placés procurent de connaissances utiles. 

comité invisible, L'insurrection qui vient