mardi 1 août 2017

Attaque à Hambourg : l'agresseur était identifié comme «islamiste»


Le ministre de l'Intérieur de la ville-État a révélé ce samedi que le demandeur d'asile qui a tué la veille une personne à l'arme blanche dans un supermarché était connu des autorités mais «pas comme djihadiste».
Le demandeur d'asile débouté qui a tué au couteau une personne et en a blessé plusieurs autres vendredi à Hambourg, en Allemagne, était connu de la police comme «islamiste», a révélé samedi le ministre de l'Intérieur de la ville-État hanséatique. «Il était fiché comme islamiste mais pas comme djihadiste» par les services de sécurité, a précisé à la presse Andy Grote. Cette attaque était dictée par des motivations religieuses, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, en précisant que l'assaillant semblait avoir des problèmes psychologiques. Plusieurs témoins ont assuré que l'assaillant avait crié «Allah Akbar» sur son passage.

L'assaillant est un Palestinien de 26 ans né aux Emirats. Il est arrivé en Allemagne en mars 2015 en provenance de Norvège, et était en instance d'expulsion suite au rejet de sa demande d'asile. Il aurait déjà dû être reconduit à la frontière mais la procédure avait pris du retard car l'homme ne disposait pas de papiers d'identité en règle. «Ce qui me rend encore plus en colère est que l'auteur est manifestement quelqu'un qui cherchait refuge en Allemagne et qui a détourné sa haine contre nous, a déclaré vendredi soir Le maire de la ville, Olaf Scholz, dénonce un «attentat odieux». L'agresseur vivait dans un centre de migrants de Hambourg, qui a été perquisitionné dans la soirée par des unités spéciales de la police, selon le quotidien Bild. D'après plusieurs résidents, il portait des habits traditionnels musulmans et lisait des sourates du Coran à haute voix dans son foyer.

Il est 15h10 quand l'individu fait soudain irruption dans un supermarché de la chaîne Edeka. Il vole un couteau de cuisine avec une lame de 20 centimètres et se jette sur un homme de 50 ans en le poignardant mortellement. Il blesse ensuite deux autres clients à l'intérieur du magasin avant de prendre la fuite dans la rue, où il blessera à coups de couteau d'autres passants. En tout, six autres personnes seront blessées: cinq hommes âgés de 19 à 64 ans et une femme de 50 ans. Ce sont des passants qui ont stoppé l'agresseur. Une vidéo amateur montre comment ces derniers l'entourent au beau milieu d'une rue et lui jettent des chaises, tandis que l'assaillant fait face en criant et en agitant son couteau. Il sera frappé un peu plus loin d'un coup de barre de fer par un riverain, selon Le Spiegel, avant d'être interpellé par la police. La chancelière Angela Merkel, qui est en vacances, a salué le «courage civique et la bravoure» des habitants de Hambourg qui ont cerné l'agresseur, facilitant son interpellation.

Un débat empoisonné pour Merkel
Le ministre fédéral de l'Intérieur, Thomas De Maizière, proche de la chancelière Angela Merkel, a appelé dans ce contexte à ne pas tirer de conclusions hâtives, alors que la droite nationaliste de l'AfD, en perte de vitesse ces derniers mois, s'est empressée de mettre en cause «l'islam» à Hambourg. «Il faut s'attendre à ce que l'idéologie djihadiste soit utilisée comme justification pour des actes qui ont d'autres motivations» et trouvent leur origine peut-être «dans la personnalité» des auteurs, a-t-il dit. Le débat autour des migrants, qui a empoisonné Angela Merkel pendant des mois suite à sa décision controversée d'ouvrir les portes du pays aux réfugiés en 2015, risque donc de ressurgir, alors la chancelière conservatrice pensait en être débarrassée à l'orée des élections législatives du 24 septembre. »

S'il se confirme que l'attaque au couteau est un attentat à motivation islamiste, un lien serait inévitablement fait avec l'attaque au camion-bélier qui avait fait 12 morts dans le marché de Noël à Berlin en décembre. Elle avait été commise par un Tunisien, Anis Amri, qui était dans une situation juridique identique: demandeur d'asile débouté, il n'en demeurait pas moins en Allemagne car sans papiers. Le gouvernement allemand a depuis durci les règles, en facilitant les expulsions de migrants considérés comme dangereux par la police et en renforçant leur surveillance. Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10.000 le nombre d'islamistes radicaux en Allemagne, dont 1600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.

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