lundi 31 juillet 2017

Un panneau publicitaire crée la controverse à Saskatoon


Un panneau d'affichage, qui fait partie d'une campagne antiraciste organisée par la Ville de Saskatoon, crée tout un débat sur les médias sociaux. 

Sur le panneau, un homme blanc dit : Je dois reconnaître que j'ai des privilèges et des comportements racistes. Citation sur le panneau d'affichage 

Cette publicité fait partie d'une initiative de la Municipalité intitulée I Am the Bridge. 
Des organismes d’aide aux nouveaux arrivants, les défenseurs du panneau et les responsables de la Ville affirment que les discussions et débats sont nécessaires. 
Le président de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan, Trevor Kakunze, n'est pas surpris que le panneau mette des gens mal à l'aise. 
Il souligne que le racisme demeure un sujet tabou, malgré les efforts pour le combattre. 

Je dirais que le Canada aussi a eu des moments durs et je dirais que c'est pas même fini et je crois que, c'est important, ça amène au moins la conversation que les gens parlent de ça, malgré la difficulté à parler de race, de racisme. 
Trevor Kakunze, président de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan 

Point de vue d'un homme blanc 
Le directeur de l'organisme d'aide aux nouveaux arrivants Open Door Society à Saskatoon, Ali Abukar, croit que le malaise découle de la personne qui s'exprime sur le panneau. 

Il souligne que ce n'est pas la perspective d'une personne qui souffre du racisme, mais plutôt celle d'un homme blanc, qui dit détenir des privilèges. 

Selon lui, il est important de discuter de ce point de vue, même si cela met certaines personnes mal à l'aise.

Sheelah Mclean, la cofondatrice de Idle No More, comprend pourquoi un tel panneau peut susciter ces réactions. Selon elle, certains ressentiront de la culpabilité, d'autres de la tristesse, et même de la colère, parce qu'ils ne connaissent pas ces informations et n'ont pas été sensibilisés à ces situations. 

Le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN), Bobby Cameron, dit également qu'il s'agit d'une bonne façon d'informer les gens. 

C'est une bonne chose que ça amène à la discussion. C'est sûr qu'il y aura toujours des commentaires négatifs, mais nous pouvons prier pour ces gens, et nous le ferons. 
Bobby Cameron, chef de la Fédération des nations autochtones souveraines 

Appui de Saskatoon 
La Ville demande à ses habitants d'envoyer des vidéos pour raconter les situations qu'ils ont vécues. 

D'après Lynne Lacroix, directrice du développement de la communauté de Saskatoon, ce sont de vraies personnes qui s'expriment dans le cadre de la campagne I Am the Bridge non pas des acteurs, et ces slogans n'ont pas été inventés par la Ville. 

Mme Lacroix a bon espoir que la campagne amène à la discussion, mais elle tient à spécifier que le but n'est pas de suggérer que tout le monde doit agir de la même façon ou que tout le monde est raciste. 

Elle invite les gens à consulter le site Internet de la Ville de Saskatoon pour mettre les citations dans leur contexte et voir d'autres témoignages.