jeudi 6 juillet 2017

Saint-Michel : l’ex-légionnaire transforme la résidence en camp retranché


Cambriolages, effractions, insultes..., les incivilités sont nombreuses à Saint-Michel. Des habitants crient leur colère et leur peur. La police relativise la situation

Du barbelé enroulé sur les portails et au pied des grillages. Du verre pilé et des clous collés sur le mur d’enceinte. Et surtout un american staff prêt à repousser les intrus tous crocs dehors. Voilà pour les moyens de dissuasion mis en place par Jean-Marie Poullé pour préserver la tranquillité de la centaine d’habitants de la résidence des Coteaux à Saint-Michel. 

Des solutions radicales que l’ancien légionnaire assume. «Les intrusions avec squattage dans la piscine sont récurrentes depuis des années. Les mamies n’osaient plus sortir de chez elles! Depuis que j’ai pris mon poste de gardien en février, ça a changé.» 

Un sentiment d’insécurité également prégnant quelques centaines de mètres plus loin, dans le secteur de la rue Sous-les-Vignes. Un quartier collé à son voisin angoumoisin de Basseau. Les riverains rencontrés accusent les «petits voyous» de la cité. Insultes, cambriolages, menaces..., la liste des griefs est longue. Et la colère grandissante. 

Près de 200 riverains ont assisté à une réunion publique sur le sujet en début de semaine en présence de la police. « Il y a une psychose qui s’installe. Je comprends la colère des habitants. J’ai voulu cette réunion pour que la police puisse donner des conseils de prévention» , raconte Fabienne Godichaud, la maire. 

"Saint-Michel n'est pas une zone criminogène" 
«Ils ne nous ont donné aucune solution à nos problèmes» , estime Stéphanie Lebon, une habitante de la résidence des Coteaux. Elle a déjà été confrontée à des individus qui essayaient de forcer l’entrée de la propriété. «Heureusement que j’avais la chienne, mais ça n’a pas empêché que je me fasse copieusement insulter.» 

Franz aussi en a «ras-le-bol» . Il habite près de la rue Sous-les-Vignes. Il s’est pris un coup de poing en plein visage pour être venu au secours de sa femme qui se faisait insulter. Sans compter les injures et un pneu crevé la semaine dernière. «Ma voisine est tombée nez à nez avec des cambrioleurs deux fois, vous imaginez? Elle s’est acheté une batte de baseball pour se défendre.» Lui a récemment installé des caméras de vidéosurveillance dans sa maison. «C’est la guerre, on mise tout sur l’autodéfense» , résume Stéphanie Lebon. 

Il y a quelques jours, Jean-Marie Poullé a lâché sa chienne sur deux gamins qui escaladaient le portail. Bilan: un mollet arraché. «C’est une propriété privée, j’y fais ce que je veux», se défend le gardien. 

Le major Éric Varnier, basé au commissariat d’Angoulême, relativise la situation. Il était présent lors de la réunion. «Sur 200 personnes, seules cinq se sont montrées virulentes. Il faut ramener les choses à leur juste proportion, Saint-Michel n’est pas une zone criminogène où il ne fait pas bon vivre , insiste le policier. Nous effectuons des rondes régulièrement, des affaires sont élucidées, mais on ne peut pas faire du 100% et encore moins poster un policier dans la rue en bas de chez eux ». 

Une pétition va tout de même être envoyée à la préfecture pour demander davantage de présence policière dans le secteur. «Il n’y a pas de solution miracle» , insiste Fabienne Godichaud, rappelant que Saint-Michel n’a pas de police municipale. 

Mettre des caméras? «En installer une à l’école c’est 7 000 euros, sans compter la maintenance, c’est trop cher. Et on ne peut pas mettre tout un quartier sous surveillance.» Le dispositif «Voisins vigilants»? «Un groupe de travail étudie sa mise en place. Il faudra que les gens se l’approprient et il faut déjà commencer pas une vigilance citoyenne.»