jeudi 6 juillet 2017

La Légion d’honneur n’est pas un déshonneur. Et comment que si !


La mode était à la critique des responsables des pays fraîchement décolonisés, lesquels étaient soit corrompus, soit incompétents, et le plus souvent les deux. On connaît le refrain, toutes les « belles âmes » le reprenaient en chœur. 
C’était l’heure où l’on pleurait sur le malheur des boat people, ce qui permettait d’abandonner à leur sort les paysans de la piste Ho-Chi-Minh bombardés de produits chimiques et de napalm blanc. De leur côté, les riches amateurs occidentaux de prostituées exotiques faisaient la leçon aux dirigeants arabes sur la condition féminine dans leurs pays. Quantité de pétitions grandiloquentes circulaient, signées par de « nouveaux philosophes » aussi tapageurs que fumeux. Mon égérie répétait à l’envi : 
- Qu’attends-tu pour signer ces pétitions et passer à la télé ? 
- Ce sont des faux-culs, rétorquai-je, avec une lassitude naissante. 
- Raison de plus, tu pourras les dénoncer. 
- A qui ? La presse est leur complice. 
- Adhère à la Ligue des droits de l’homme. 
- Leur président a la Légion d’honneur. 
- Ce n’est pas un déshonneur. 
- Et comment ! 

Jacques Vergès, De mon propre aveu