mercredi 12 juillet 2017

Ce symbole que j’imprime sur mon épiderme aura valeur aussi bien de description que de norme

Joie. Conscience. Douleur. Identité. Volonté. Construction de soi. Il existe tout un monde derrière cette aiguille qui tatoue l’épiderme et qui inscrit la marque de la tortue fléchée, qui se fait chair dans l’idée. Le concept me passionne et je profite de l’immobilité forcée pour réfléchir à tout cela et pour me poser quelques questions. Qu’ai-je fait ? Quel est le sens de cette trace sur mon corps ? Est-ce seulement une décoration ? Non, aucun doute. Est-ce seulement un choix individuel ? Pourtant, le symbole qu’on est en train de me tatouer est l’expression d’une communauté qui transcende amplement mon ego. Fais-je donc de la politique ? On y est presque. Oui, je suis en train d’utiliser mon corps, ce que j’ai de plus intime et personnel. La tortue de Casapound fait irruption dans ma sphère la moins publique, pour bouleverser toute frontière entre individu et communauté. Sur ma peau, je réfléchis à un choix, mais aussi je m’engage moi-même dans le respect total de ce parcours. Ce symbole que j’imprime sur mon épiderme aura valeur aussi bien de description que de norme. Il dira ce que je suis, mais aussi ce que je dois être. C’est le témoignage d’un choix passé et la responsabilité d’un chemin d’avenir. 


Adriano Scianca, Casapound. Une terrible beauté est née