samedi 17 juin 2017

Voyager. Tracer nos propres voies de communication

Le principe des communes n'est pas d'opposer à la métropole et sa mobilité l'enracinement local et la lenteur. Le mouvement expansif de constitution de communes doit doubler souterrainement celui de la métropole. Nous n'avons pas à rejeter les possibilités de déplacement et de communication offertes par les infrastructures marchandes, juste à en connaître les limites. Il suffit d'y être assez prudents, assez anodins. Se rendre visite est autrement plus sûr, ne laisse pas de trace et forge des liens bien plus consistants que toute liste de contacts sur Internet. Le privilège concédé à nombre d'entre nous de pouvoir "circuler librement" d'un bout à l'autre du continent et sans trop de problème dans le monde entier, est un atout non négligeable pour faire communiquer les foyers de conspiration. C'est l'une des grâces de la métropole que de permettre à des Américains, des Grecs, des Mexicains et des Allemands de se retrouver furtivement à Paris le temps d'une discussion stratégique. 
     Le mouvement permanent entre les communes amies est de ces choses qui les gardent du dessèchement comme de la fatalité du renoncement. Accueillir des camarades, se tenir au courant de leurs initiatives, méditer leur expérience, s'ajouter les techniques qu'ils maîtrisent font plus pour une commune que de stériles examens de conscience à huis-clos. On aurait tort de sous-estime ce qui peut s'élaborer de décisif dans ces soirées passées à confronter nos vues sur la guerre en cours. 

comité invisible, L'insurrection qui vient