jeudi 1 juin 2017

Le profil type du djihadiste


Les prévenus sont ordinairement issus familles nombreuses, souvent défavorablement connus en raison d'antécédents judiciaires de la fratrie. Aucun des protagonistes du dossier n'avait de vie professionnelle et tous vivaient de la Sécurité sociale au moment de partir sur "zone" ou de s'agréger à un groupe séditieux, la perte d'un éventuel emploi constituant d'ailleurs l'indice d'une radicalisation concomitante. Hormis peut-être le nommé Abaaoud, aucun des protagonistes du dossier n'avait terminé son cycle d'enseignement secondaire.
La plupart avaient déjà été inquiétés pour des faits de droit commun [tentatives de vol avec violences, vols, menaces, recel, usage et trafic de stupéfiants].
Des individus profondément ancrés dans la mouvance radical djihadiste n'hésitent pas à se livrer à des vols à l'étalage massifs [le tribunal cite l'exemple de ces dix-sept paires de chaussures volées].
Des individus peu instruits tant au niveau scolaire que (et peut-être surtout) religieux, en décrochage affectif, social et/ou professionnel adoptant ordinairement un comportement délinquant ou antisocial qui les intègre d'emblée dans un milieu particulier et qui sont facilement influençables par les éléments les plus déviants de ce milieu, du quartier ou de la famille.
Il y a lieu d'observer l'étonnant prestige et l'autorité dont jouissait l'ex-inculpé Abaaoud Abdel Hamid alors qu'entre 2009 et 2015, soit entre ses 22 et 28 ans, ce dernier a accumulé dix-huit condamnations pénales (soit trois par an) lui valant cent huit mois d'emprisonnement pour droit commun et vingt ans pour terrorisme.
Et les magistrats belges de faire le bilan d'une vie : "Soit au total, plus que son âge à son décès".

Christophe Dubois et Eric Pelletier, Où sont passés nos espions ?, 2017, p. 93.