jeudi 4 mai 2017

Monsieur «Déradicalisation» mis en examen pour viols


Le psychanalyste niçois Patrick Amoyel est incarcéré depuis jeudi soir. Une ancienne cliente de son cabinet, mineure au moment des faits, avait déposé plainte fin 2016. 

Le psychanalyste niçois Patrick Amoyel dort en détention depuis jeudi soir. Il a été mis en examen et écroué pour viols par personne ayant autorité, une circonstance aggravante. Avec son association Entr’autres, Amoyel est connu pour son approche singulière de la lutte contre la radicalisation, dans une région particulièrement touchée par le phénomène. La structure a remporté en 2016 le plus important appel d’offres de formation des personnels de l’Etat en la matière, signe que sa philosophie bénéficiait d’une certaine reconnaissance, sans faire l’unanimité. 

Les faits qui lui sont reprochés ne sont pas liés à ses activités de «déradicalisation», précise le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre. L’affaire a commencé fin 2016 par le dépôt d’une plainte. Une ancienne cliente de son cabinet de psychanalyse a raconté aux enquêteurs avoir subi des «actes de pénétration» dans le cadre de ses séances, entre fin 2011 et début 2013. Elle était alors âgée de 16 ans. L’enquête préliminaire a débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire et le placement en détention provisoire de Patrick Amoyel. 

Selon le procureur de Nice, celui-ci a «reconnu matériellement les faits mais les inscrit dans le cadre d’un protocole de soin». Pour la justice, ces actes, incompatibles avec la profession de psychanalyste – Amoyel n’ayant aucun diplôme de médecine ni même de psychologie, indique Jean-Michel Prêtre – sont donc constitutifs de viols et d’exercice illégal de la médecine, deuxième chef de mise en examen du psychanalyste.