vendredi 7 avril 2017

On n'a pas trouvé à ce jour de meilleure méthode disciplinaire que le salariat


En marge de ce cœur de travailleurs effectifs, nécessaires au bon fonctionnement de la machine, s'étend désormais une majorité devenue surnuméraire, qui est certes utile à l'écoulement de la production mais guère plus, et qui fait peser sur la machine le risque, dans son désœuvrement, de se mettre à la saboter. La menace d'une démobilisation générale est le spectre qui hante le système de production présent. A la question " Pourquoi travailler, alors ? ", tout le monde ne répond pas comme cette ex-Rmiste à Libération : " Pour mon bien-être. Il fallait que je m'occupe. " Il y a un risque sérieux que nous finissions par trouver un emploi à notre désœuvrement. Cette population flottante doit être occupée, ou tenue. Or on n'a pas trouvé à ce jour de meilleure méthode disciplinaire que le salariat. Il faudra donc poursuivre le démantèlement des "acquis sociaux" afin de ramener dans le giron salarial les plus rétifs, ceux qui ne se rendent que face à l'alternative entre crever de faim et croupir en taule. L'explosion du secteur esclavagiste des "services personnels" doit continuer : femmes de ménage, restauration, massage, assistance à domicile, cours particuliers, loisirs thérapeutiques, aide psychologique, etc. Le tout accompagné d'un rehaussement continu des normes de sécurité, d'hygiène, de conduite et de culture, d'une accélération dans la fugacité des modes, qui seules assoient la nécessité de tels services. A Rouen, les horodateurs ont cédé la place au "parcmètre humain" : quelqu'un qui s'ennuie dans la rue vous délivre un ticket de stationnement et vous loue, le cas échéant, un parapluie par temps d'averse.


comité invisible, L'insurrection qui vient