jeudi 13 avril 2017

Comment le renseignement se prépare à l’éventualité d’une victoire de Marine Le Pen


Une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, le 7 mai, risque-t-elle d’entraîner un dévoiement des considérables outils de surveillance dont disposent les services de renseignements ? Les garde-fous institutionnels sont-ils suffisants, les responsables des services s’y opposeraient-ils ? 

Il y a peu de chance que dans le monde du renseignement, la crainte de l’arrivée du Front national au pouvoir soit évoquée publiquement comme l’a fait l’ex-ambassadeur de France au Japon, Thierry Dana. Dans une tribune au Monde, le 7 mars, le diplomate affirmait : « Je préférerais renoncer à occuper les fonctions qui me seraient confiées plutôt que de servir la diplomatie du Front national. » Le sujet occupe pourtant les discussions, dans les couloirs des palais nationaux. 

Le 22 mars, en marge d’un colloque sur le contrôle du renseignement organisé par la délégation parlementaire au renseignement (DPR) et la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), les commentaires invitaient plutôt à ne pas s’inquiéter outre mesure. 

« Si Le Pen tente de brutaliser les institutions, il faudra défendre l’Etat de l’intérieur », assume un responsable 

« On voit bien comment cela évolue aux Etats-Unis avec Donald Trump, il y a une phase d’apprentissage de l’exercice de l’Etat », expliquait un responsable de service, sous couvert d’anonymat. « Si Marine Le Pen tentait de brutaliser les institutions, tant qu’on n’a pas de fonction de porte-voix, il faudra défendre l’Etat de l’intérieur », assumait un autre. « Il ne faut pas jouer à se faire peur en faisant de la politique fiction, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat sont les gardiens du droit », rassurait un troisième. 

Néanmoins, dans son rapport annuel, publié le 4 avril, la DPR a tout de même cru nécessaire d’inscrire les enjeux liés au renseignement dans l’actualité politique : « La délégation considère que, si... 

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