jeudi 9 mars 2017

La France en feu contre les violences policières


A la suite de l’affaire Théo, de nombreux mouvements se sont élevés dans toute la France en soutien au jeune homme et pour dénoncer les violences policières. Mais ce ne sont pas de simples manifestations. Comme cela a été le cas en 2005 pour l’affaire Zyed et Bounia ou encore en juillet 2016 pour l’affaire Adama, les jeunes de banlieue suivis par les antifascistes (qui y voient une manière de réduire les contradictions avec les premiers) s’insurgent violemment, brûlent, cassent ce qui les entoure, en signe de contestation, contre les forces de l’ordre officiellement. 

Des centaines de personnes en colère s’en prenant au mobilier urbain, aux voitures, aux magasins, aux bâtiments, aux policiers…Mais le mouvement s’étend, la capitale est touchée, ainsi que certaines villes de province, telles Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes ou encore Rennes. Les mouvements d’extrême gauche dits antifascistes ou anarchistes soutiennent le mouvement et appellent les lycéens à entrer dans la danse. Plusieurs blocus de lycées ont lieu depuis plus d’une semaine. Aux cris de « Justice pour Théo » ou encore « Flics, violeurs, assassins », des rassemblements, souvent non déclarés germent dans les villes et dégénèrent. Les dégâts sont importants et les interpellations pleuvent. Les riverains en pâtissent (voitures incendiées, vitrines cassées, bâtiment saccagés…). 

Le gouvernement peine à faire maintenir un semblant d’ordre et de sécurité alors que le président lui-même, par son déplacement au chevet du blessé, avait affiché son soutien au jeune délinquant et, de ce fait, discrédité les forces de l’ordre face à l’opinion publique. Mais il est vrai que depuis son annonce de non réélection, ce président est plus un maire qui fait des visites et des commémorations qu’un chef d’Etat... 

Rappelons que nous sommes en période pré-électorale et que le PS manque cruellement de voix : tout électorat est bon, selon eux, à récupérer. Surtout un électorat issu soit de l’extrême-gauche, soit qui ne vote pas (le PS ayant perdu de nombreuses voix suite aux déconvenues du gouvernement actuel, les « Manifs pour tous », la situation économique du pays, les attentats et les différents scandales politiques de ces dernières années). Se déplacer aux côtés de cette jeune « victime », issue des quartiers défavorisées, permettrait peut-être de remonter sa popularité auprès des habitants des banlieues. N’oublions pas non plus, que ce jeune homme « innocent » est mêlé à une affaire de détournement de fonds publics de plusieurs centaines de milliers d’euros. En effet, certains membres de sa famille ont créé différentes associations et sociétés commerciales aujourd’hui en liquidation pour cause de gestion frauduleuse et d’escroquerie. Une partie de l’argent, servant à financer ces associations, ayant été reversée sur les comptes familiaux. Mais, c’est devenu monnaie courante de nos jours, l’exemple en est de Fillon, Cahuzac ou encore Macron qui en tant que politiciens irréprochables montrent l’exemple de la concussion et du clientélisme. 

Enfin, le jeune homme serait un membre proche de la famille de Thomas Luhaka, aujourd’hui ministre des Postes et Télécommunications, et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication de la République Démocratique du Congo. Il est vrai qu’il est important pour notre président de maintenir une entente diplomatique envers ce pays, au regard des importants investissements économiques que la France y fait. 

Au final, nous avons donc un chef d’Etat qui, plutôt que de défendre ses fonctionnaires, chargés de maintenir l’ordre, et de les faire respecter, soutient un jeune délinquant et escroc, pour récupérer de l‘électorat et entretenir de bonnes relations diplomatiques, quitte à fermer les yeux sur les crimes de celui-ci et laisser les émeutes naître et s’étendre dans notre pays. Il ne faut cependant pas tomber dans le réflexe de « soutien à la police ». Il faut juste y voir une nouvelle lutte des classes qui se joue entre les opprimés (opprimant quant à eux le peuple français) et les oppresseurs à matraque. Plus schématiquement, nous devons y voir une représentation des tenants de l’anti-France combattant la garde prétorienne du capitalisme et de l’incompétence politique. 

Le silence gêné des médias montre une fois de plus leur hypocrisie et la situation gênante dans laquelle ils se sont embourbés. D’un feu de Bengale, c’est devenu un feu de paille. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les journalistes-fonctionnaires-hypocrites n’en parlent plus. 

Mais après avoir entretenu cette étincelle de révolte pour servir des intérêts personnels dans un pays gangréné par l’hypocrisie et la corruption, comment éteindre l’incendie alimenté par ces « chances pour la France » ? Si certains éléments de révolte peuvent apparaître ici ou là, ce n’est pas encore la situation pré-insurrectionnelle que d’aucuns espèrent ou d’autres attendent passivement avec angoisse. Il est juste une interprétation de la vision surannée des politiques qui, à grands renforts de mondialisme, ont pensé que la société libérale et la consommation calmerait cette nouvelle forme de prolétariat, qui elle aspire à « des lendemains qui chantent », mais ces lendemains ne sont pas les nôtres

M. De Cruzy