jeudi 16 février 2017

Le maire d'un village hongrois ne veut pas de gays ni de musulmans dans sa commune


Le maire d'extrême droite d'un petit village hongrois à la frontière avec la Serbie, qui s'était déjà illustré sur les réseaux sociaux pour ses prises de position ultranationalistes, veut bannir les musulmans et les homosexuels de sa commune. Mais il se dit prêt à accueillir les "Européens chrétiens". 

Le maire d'extrême droite d'Asotthalom, une petite commune hongroise isolée à la frontière avec la Serbie, veut bannir les musulmans et les homosexuels de sa circonscription. Ainsi, tout vêtement islamique, tout appel à la prière et toute propagande homosexuelle, comme des gestes tendres, sont proscrits, rapporte la BBC. 

Laszlo Toroczkai, élu en 2013, souhaite mener une "guerre contre la culture musulmane". En juillet dernier, c'était déjà ce même maire qui s'était félicité de la chasse aux migrants menée par des milices privées. Également vice-président d'un parti ultranationaliste, il avait diffusé une vidéo à la mise en scène plutôt déroutante - avec des gardes patrouillant à cheval, à moto et en véhicule tout terrain à la frontière - dans laquelle il menaçait les réfugiés. 

"Important de préserver ses traditions" 
"Essayez-vous de créer un village suprématiste blanc?" l'interroge une journaliste de la radio britannique. "Je n'utilise pas ce mot, blanc. Mais parce que nous sommes une population blanche, européenne, chrétienne, nous voulons rester ainsi", répond l'élu de cette commune d'environ 4.000 habitants. La législation locale a aussi été modifiée pour empêcher toute future construction de mosquée. 

Pas question pour lui d'accueillir des réfugiés. "Nous accueillons en priorité des gens d'Europe occidentale. Des gens qui ne veulent pas vivre dans une société multiculturelle. Nous ne voulons pas attirer de musulmans, même si nous avons déjà quelques résidents musulmans à Asotthalom. Mais c'est très important pour le village de préserver ses traditions." 

"Les musulmans sont complètement intégrés" 
En 2015, quelque 10.000 migrants ont franchi chaque jour la frontière. Le gouvernement hongrois doit se prononcer sur la légalité de cette initiative mi-février. Mais pour certains avocats, cette réglementation contrevient à la Constitution hongroise. 

À Asotthalom, la mesure ne fait pas l'unanimité. "Les musulmans qui vivent ici (au nombre de deux, indique la BBC) sont complètement intégrés", a témoigné un habitant. "Ils ne provoquent personne. Ils ne portent pas le niqab, ne harcèlent personne. Leur jeune fils joue au football, je lui ai appris à nager. On s'entend très bien". 

Un mur anti-migrants 
"Il y a des personnes homosexuelles qui vivent dans le village", témoigne une autre résidente. "Tout se passe très bien. On les rencontre, on leur parle. Leur manière de vivre chez eux ne nous regarde pas. Nous sommes tous des êtres humains." 

Le gouvernement hongrois est connu pour être hostile à l'accueil des réfugiés: un mur anti-migrants a été construit à la frontière serbe. Le Premier ministre, Viktor Orban, qui juge la politique européenne d'immigration trop permissive, se pose régulièrement en défenseur de "la civilisation européenne".