mercredi 11 janvier 2017

Sans-abri: Cet hiver ne serait «pas plus difficile que les autres», selon la ministre du Logement


Selon Emmanuelle Cosse, la ministre du Logement, le sans-abri de 53 ans décédé d’hypothermie ce 30 décembre à La Rochelle «avait refusé d’être pris en charge»... 

Alors que le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars) a estimé mercredi que la France connaissait « l’un des hivers les plus difficiles sur le front de l’hébergement », la ministre du Logement affirme ce vendredi dans Le Parisien que cet hiver « n’est pas plus difficile que les autres ». 

« Moins d’une personne sur deux » composant le 115 est « prise en charge » 
« En 2012, il y avait 80.000 places d’hébergement. Nous sommes passés à plus de 128.000 et nous continuons à en ouvrir », a répliqué Emmanuelle Cosse à Florent Gueguen qui lors d’une conférence de presse à Paris a assuré qu’il y avait toujours plus de sans-abri contraints de dormir dehors malgré les froides températures. 

Si la Fnars a avancé que « moins d’une personne sur deux » composant le 115, numéro d’urgence destiné aux SDF, était « prise en charge », la ministre évoque, elle, un taux de 30 %. Et d’ajouter : « Cela ne sert à rien de dramatiser une situation qui est tendue, mais c’est le rôle des associations de maintenir la pression. » 

Pourtant, selon les chiffres rassemblés par la fédération d’associations de solidarité, le 115 aurait reçu 105.406 appels dans 45 départements hors de Paris, rien qu’en décembre. Au total, près de 53.000 demandes n’ont pas abouti à un hébergement, soit 57 % de non-attributions. Le Samu social de Paris a, lui, répondu à 1.180 appels par jour en moyenne le mois dernier. Avec une forte augmentation des demandes venant de familles (+42 % par rapport à décembre 2015). 

« Une situation terrible dans les grandes villes » 
Florent Gueguen a, mercredi, pointé « une situation terrible dans les grandes villes » comme à Lyon où « 1.800 personnes sur les 15 premiers jours de décembre n’ont pas obtenu d’hébergement ». « Face à cette pauvreté qui augmente et qui est visible dans les rues, l’opinion publique s’habitue, les hommes politiques s’habituent, nous ne voyons pas poindre de propositions et de volonté fortes pour que la France sorte de la grande exclusion », a-t-il regretté. 

Le ministère du Logement avait affirmé fin décembre être « sorti d’une gestion saisonnière », observant que depuis 2012 le stock de places d’hébergement pérennes était passé de 82.000 à 120.000, outre 7.000 places en hébergement d’urgence. 

Et Emmanuelle Cosse de revenir ce jour dans Le Parisien sur la triste histoire de ce sans-abri de 53 ans décédé d’hypothermie ce 30 décembre à La Rochelle. « Il avait refusé d’être pris en charge ». « Ce n’est pas le tout de créer des places, il faut aussi convaincre les sans-abri de les accepter », insiste la ministre.