mercredi 7 décembre 2016

Immigration : la pub choisit les médias qu'elle autorise


Les centrales d'achat d'espaces publicitaires (qui font le lien entre les annonceurs et les supports de publicité), elles connaissent admirablement les médias et l'atmosphère politique du pays. Ces centrales d'achat d'espaces publicitaires pèsent encore plus lourd que les grandes agences (en synergie avec elles, d'ailleurs) sur les médias et sur leur contenu : cinq d'entre elles, dans l'ordre Carat, MPG, OMD, ZenithOptimedia et Universal McCann se partagent 95% du marché publicitaire français. Soit dit en passant, MPG appartient à Havas et ZenithOptimedia à Publicis.
Lorsqu'elles établissent chaque année ce qu'elles nomment leur plan médias, c'est-à-dire les budgets que leurs annonceurs vont débourser, elles répartissent grossièrement les montants qu'elles distribueront aux différents types de supports (presse, radio, télé, Internet) et, pour chaque catégorie, à chacun de ses représentants.
On pourrait croire qu'elles ne visent que la rentabilité et ciblent donc tous les supports qui peuvent leur ouvrir un marché, même restreint, mais il n'en est rien : leur choix a toujours une composante idéologique. Exprimé brutalement, cela pourrait se traduire ainsi : pas de publicité pour ceux qui pensent mal.
La règle s'applique sans exception. On ne s'étonnera pas donc pas que les publications dites "d'extrême droite" soient toujours exclues de la manne publicitaire ; cela s'est vérifié pour Présent, Rivarol, National Hebdo et Minute, même quand ils représentaient des "niches" de clients solvables pour certains annonceurs.
Mais cela touche aussi des publications beaucoup plus importants et connues. A la charnière des années 1970-1980, Le Figaro Magazine, sous la direction de Robert Hersant et d'une équipe issue de la Nouvelle Droite, avait connu un formidable succès : 800 000 exemplaires vendus avec un contenu intellectuel exigeant. Maurive Lévy, déjà patron de Publicis à l'époque, fit alors savoir à Robert Hersant qu'il serait privé de publicité s'il maintenait cette ligne éditoriale. Hersant plia. Le Figaro Magazine perdit alors les deux tiers, voire les trois quarts de ses lecteurs, mais la publicité fut maintenue dans tous les journaux du groupe Hersant.
Trente ans plus tard, la revue Médias, dirigée par Robert Ménard et Emmanuelle Duverger, connut un scénario comparable. Plus Robert Ménard prenait des libertés avec le politiquement correct, moins la publicité arrivait. Cette dernière finit par disparaître, emportant avec elle la revue. 
Ni le succès commercial ni l'audience de sont suffisants pour garantir les recettes publicitaires : Robert Ménard avait son public sur iTélé, il a été éliminé ; Zemmour en avait sur France 2, iTélé et RTL, il a pourtant été viré et relégué.
On constate que, lorsqu'un homme est poursuivi par la Licra, les publicitaires cessent de financer les émissions auxquelles il participe. C'est sans doute ainsi qu'il faut interpréter le rôle de Gérard Hinger, "chargé de communication" à la Licra.
La liberté d'expression est un alcool à consommer avec modération !
Les publicitaires n'hésitent pas non plus à frapper d'interdit les publicités qui ne leur plaisent pas. Ainsi la régie Métrobus, qui promeut le ramadan ou les produits "fièrement halal", n'a pas hésité à interdire la mention "en faveur des chrétiens d'Orient" qui apparaissait sur la publicité d'un concert du groupe Les Prêtres, un interdit commodément justifié au nom de la laïcité. Seul un tollé a forcé Métrobus à rétablir cette mention.