samedi 19 novembre 2016

La Cnil enquête sur une application utilisée par des militants sarkozystes


Lancée en septembre, l'application Knockin est utilisée par les militants sarkozystes pour géolocaliser les sympathisants potentiels et rendre le porte-à-porte plus efficace. 
La Cnil se penche sur les outils de la primaire de droite et du centre. L'application mobile utilisée par les militants de Nicolas Sarkozy pour mieux cibler le porte-à-porte fait l'objet d'investigations de la part de cette institution, rapporte l'AFP. Baptisée Knockin («frapper à la porte» en anglais), elle a été lancée fin août pour permettre de mieux localiser les sympathisants potentiels, par le recoupement de données personnelles. 

Début septembre, RMC avait indiqué qu'il suffisait de liker la page Facebook de Nicolas Sarkozy ou l'une de ses publications Twitter pour que l'application considère l'internaute comme un sympathisant et recoupe toutes les données publiques à sa disposition - dont celles de Facebook, Twitter, LinkedIn ou encore des listes électorales - pour obtenir son adresse. Les adresses collectées étaient par la suite rendues visibles sur une carte, par de multiples points rouges permettant aux militants de se diriger sur le terrain. 

Sans préciser la date d'ouverture de son enquête ni celle de ses conclusions, la Cnil indique procéder à une expertise «technique et juridique» au sujet de l'application controversée. Dans un guide publié avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) le 8 novembre, l'institution relève que l'organisation d'élections primaires en amont de la présidentielle «suscite des questions particulières en termes de protection des données». D'où la mise en place d'un Observatoire des élections, auquel les internautes peuvent signaler toute collecte de leurs données leur paraissant suspecte. «La collecte massive de données issues des réseaux sociaux n'est pas légale en l'absence d'information des personnes concernées», a-t-elle aussi rappelé. 

Simple ciblage ou fichage? 
Les informations recueillies par l'application Knockin ont justement été collectées sans que les internautes aient donné leur accord. D'où la surprise légitime de personnes auxquelles les militants sarkozystes ont rendu visite à domicile, sans avertissement. 

Les militants rencontrés par l'AFP assurent que l'application ne contient que les coordonnées de personnes ayant accepté de communiquer leurs adresses. Une fois le fonctionnement de cette application révélé, les militants avaient instauré un système de parrainage pour restreindre l'accès à la carte à eux seuls. Jusqu'alors, les adresses des potentiels sympathisants de Nicolas Sarkozy étaient accessibles à tous ceux qui avaient téléchargé l'application. 

L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy avait assuré respecter les recommandations de la Cnil et ne collecter que des «informations publiques basiques», selon les mots d'Axel Calandre au JDD. Le conseiller digital et innovation de l'équipe de l'ancien président de la République avait démenti les accusations de «fichage», préférant le terme «ciblage».