mercredi 16 novembre 2016

Ce que Kim Kardashian nous apprend sur Emile Durkheim

Cela peut sembler obscur. Qu’est ce que Kim Kardashian peut nous apprendre sur Emile Durkheim, et plus précisément, sur ce que Durkheim dit de la manière dont une société définit le crime ?
Kim Kardashian • Crédits : Angela Weis - AFP
Tout d’abord, deux rappels. Le premier est pour ceux qui ne connaissent pas Kim Kardashian. Voilà une femme riche et célèbre, riche parce que célèbre et célèbre conformément à la définition du « people » : en raison de sa célébrité. C'est-à-dire, qu’on ne lui connaît aucune autre activité que la gestion de sa célébrité. C’est un peu tautologique mais c’est ainsi. Maintenant Emile Durkheim, qui n’était ni riche ni célèbre, mais un pionnier de la sociologie à l’université, selon lequel ce qui constitue le crime c’est ce qui choque la conscience commune. C’est là où Kim Kardashian rencontre Emile Durkheim. Car figurez vous qu’hier, on a dérobé pour plus de 9 patates de cailloux à Kim Kardashian. Pardon, pour plus de 9 millions d’euros de bagues.

Quel est le rapport avec la théorie durkheimienne ? La conscience commune s’est émue de ce vol, alors que la conscience commune ne s’est pas émue qu’une personne sans profession autre que la gestion de sa célébrité, ait pu rassembler un patrimoine d’au moins 9 millions d’euros. Ce qui prouve une fois de plus que le vol est beaucoup plus sévèrement jugé dans notre société que l’imposture qui passe, et qui n’est même pas dénoncée. En effet, Le Parisien de ce matin titre que Kim Kardashian a été accueillie comme un chef d’état à son retour de New York. Mais si Kim Kardashian est reçue comme un chef d’état, je vous laisse imaginer dans quel état j’erre – jeu de mots - mais en tout cas, dans quel état notre société, comme le pensait déjà Durkheim, est dans un bien mauvais état. 

Guillaume Erner

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