mardi 4 octobre 2016

Camp de migrants à Paris : Anne Hidalgo soutenue par François Baroin

Par Marc de Boni Mis à jour le 01/06/2016 à 10:44 Publié le 01/06/2016 à 08:50
Anne Hidalgo, la maire de Paris et François Baroin, président de l'AMF
LE SCAN POLITIQUE - A contre-courant d'une partie des élus Républicains, le maire de Troyes surprend alors qu'il est pressenti pour devenir le prochain premier ministre de Nicolas Sarkozy en cas de victoire en 2017.

«Je veux pouvoir me regarder dans la glace», lance Anne Hidalgo, interrogée par Libération ce mercredi. La maire de Paris qui martèle de longue date que «Paris est une ville refuge» a frappé les esprits en annonçant mardi la construction d'un camp d'accueil des migrants et des réfugiés dans le nord de capitale d'ici un mois et demi. «Moi je ne supporte plus que des femmes et des hommes soient contraints de vivre dans la boue. Ce sont des conditions humanitaires inacceptables», explique encore ce matin l'édile, sur France 2. «Il faut de l'humanisme quand on voit que la Méditerranée est en train de devenir un cimetière. Qu'on ne me dise que ça va créer un appel d'air, il est déjà là. Moi je suis maire, nous sommes des élus pragmatiques (…) On est confrontés à une accélération du processus».

Fortement critiquée par la droite et le FN, Anne Hidalgo peut cependant se prévaloir d'un soutien inattendu: celui de François Baroin, président de l'Association des Maires de France (AMF). «On a toujours dit à l'Association des maires de France que le devoir d'humanité doit gouverner tous les autres principes. C'est le devoir de la France et c'est l'honneur de la France. C'est aussi le respect des conventions européennes, d'être à côté des naufragés de la vie, des réfugiés qui ont fui ceux-là mêmes qui nous ont attaqués l'année dernière dans des attentats sanglants», a estimé François Baroin, interrogé mardi par Public Sénat.

L'ancien ministre de l'économie a par ailleurs salué l'exemple de Natacha Bouchart, maire LR de Calais, dans sa gestion de la crise migratoire. «Il n'est pas normal de laisser s'enfermer les populations dans un Hotspot qui est la frontière extérieure de la grande Bretagne sans savoir qui est sur le territoire. Il doit y avoir des prises d'informations, des prises d'empreintes, recueil des identités réelles». Des impératifs auxquels la décision de la maire de Paris permettra de répondre: «c'est incontestable», a jugé François Baroin.

Un jeu politicien pour NKM

Une prise de position qui contraste avec celles d'autres élus de la rue de Vaugirard, alors que le maire Troyes se rapproche de Nicolas Sarkozy, qu'il devrait soutenir dans le cadre de la primaire des Républicains. Ce mercredi les deux responsables rencontreront ensemble plus de 400 maires LR. Un prélude, selon le Parisien, au ralliement de François Baroin à la campagne de l'ancien président, qui devrait être officialisé ce dimanche prochain sur Europe 1. En échange de ce soutien le camp Sarkozy envisage de faire du président de l'AMF le futur premier ministre, en cas de victoire en 2017. «Il peut être un atout majeur», convient Brice Hortefeux dans le Parisien.

Interrogée sur France Info, Nathalie Kosciusko-Morizet, chef de file de la droite au Conseil de Paris, accuse son ancienne adversaire des municipales d'arrière-pensée politicienne. «Anne Hidalgo prend cette initiative dans le dos du ministère de l'Intérieur (…) C'est un problème de jeu intérieur de la gauche pour prendre un leadership politique sur une partie de la gauche. Et je trouve que la question des réfugiés est un sujet trop grave pour être instrumentalisé», accuse-t-elle. Selon elle, la réaction de surprise du ministère de l'Intérieur, qui n'a pas été informé au préalable de l'initiative d'Anne Hidaglo, est la preuve d'une manigance.