jeudi 22 septembre 2016

Abel Mestre, la délation pour tous…

Photo : DR
Qu’un site d’information régionale décide de participer à l’aventure d’un club sportif local qui accède à la division sportive supérieure en le «sponsorisant» (à hauteur de ses moyens et en échange d’un peu de publicité),quoi de plus normal ? Pour tout le monde : rien. Enfin pas tout à fait pour tout le monde…

Pas pour le vigilant et ombrageux Abel Mestre, ex-spécialiste de « l’extrême droite » au quotidien Le Monde, dont les qualités de journaliste et d’analyste politique ont été récemment récompensées par une mutation à la rubrique sportive du journal.

Ce dernier est en effet choqué et scandalisé par l’opération car les idées qu’il prête aux rédacteurs du dit site d’information régionale, en l’occurrence Breizh-info.com, lui déplaisent – ce qui est son droit – et donc ne devraient pas avoir leur place dans l’espace public – ce qui est beaucoup plus discutable et beaucoup moins démocratique.

Le petit Abel Mestre (dont on peut connaître la vie et l’oeuvre grâce à l’excellent portrait que lui a consacré l’OJIM),ne pouvant manquer une si belle occasion de réunir ses deux brûlantes et obsédantes passions, le sport et l’extrême-droite, a donc décidé d’écrire un bel article sur ce non-sujet sur le blog  qui sert de réceptacle régulier à ses prurits délateurs.

Car dénoncer, nuire socialement et économiquement à ses adversaires, faire des fiches,  des sous-entendus, Abel aime vraiment ça, c’est le nectar de ses jours… Heureusement d’ailleurs que c’est pour la bonne cause sinon on pourrait lui reprocher d’employer les méthodes ordinairement attribuées aux croquemitaines de cette extrême-droite tant haïe.

Le but d’Abel est simple (car l’article n’a objectivement aucun intérêt pour un lecteur lambda) : embarrasser le club signataire, alerter les habituelles associations subventionnées pour glapir contre la bête immonde et pousser les élus locaux – qui n’ont rien de plus urgent à faire – à intervenir pour faire capoter la convention et remettre en cause un contrat légalement signé.

Curieusement, Abel Mestre, le nouveau chevalier blanc du sponsoring sportif, ne s’est nullement intéressé aux possibles opinions politiques et hypothétiques engagements des autres, nombreux, annonceurs du club de rugby ; il a concentré sa vindicte et sa hargne uniquement sur Breizh-info, coupable à ses yeux de patriotisme identitaire.

Cette étrange fixation s’explique par le fait qu’Abel Mestre est avant tout un militant politique, activiste antifasciste revendiqué (engagement dont l’urgence et le courage n’échapperont à personne…) et figure bien connue de l’ultra-gauche parisienne. Son but n’est donc nullement d’informer mais de combattre son ennemi, à savoir le golem fantasmatique de l’hydre au ventre toujours fécond…

Un positionnement qui peut se concevoir mais qui délégitime assez largement sa prétention à dénoncer l’absence de neutralité et d’objectivité chez les autres. Une neutralité et une objectivité qui, rappelons-le, n’existent d’ailleurs dans aucun média, chacun ayant une ligne éditoriale et des journalistes qui, n’étant pas (encore) des robots, ont des visions du monde et des appréhensions de celui-ci qui leur sont propres.

C’est donc au nom de son idéologie que le sieur Abel Mestre est davantage outré par le fait qu’un média patriote et enraciné puisse participer, modestement d’ailleurs car ne bénéficiant pas des subsides des multinationales et des institutions à l’inverse du vertueux Le Monde, au développement d’un club de D2 de rugby que par celui qu’un Émirat obscurantiste et esclavagiste possède le club phare de la capitale française. On a les ennemis et les combats que l’on peut.

Grâce à son petit billet numérique, Abel Mestre ira sans doute se coucher fort satisfait et heureux, persuadé d’avoir accompli un nouvel acte d’une résistance particulièrement glorieuse (le logo  de Breizh-info n’apparaîtra peut-être pas sur le ballon de deux matchs du championnat ! Sonnez hautbois, résonnez musettes!),et il s’endormira tranquillement, espérant rêver à de nouveaux  faits d’armes aussi grandioses et à de beaux tribunaux d’inquisition, citoyens et démocratiques bien sûr.

Quant aux autres, les gens normaux, retenant un bâillement devant tant d’agitation hystérique, ils hausseront les épaules et retourneront à de vraies activités et de vrais problèmes, aspirant pour leur part à une société apaisée où, au delà des discours de convenance, chacun aurait vraiment le droit d’exprimer ses idées et de participer à la vie communautaire locale sans craindre les foudres et les oukazes des sycophantes à jamais enfermés dans leurs névroses et le confort bien-pensant de leurs vigies parisiennes.

Xavier Eman

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