vendredi 23 septembre 2016

57% des Français se disent opposés à l'accueil en France d'une part de migrants et de réfugiés

Les Français ne sont pas disposés à voir leur pays être une terre d'accueil: 57% s'opposent à ce que la France accueille une part de migrants et de réfugiés, selon un sondage Elabe "L'Opinion en direct pour BFMTV" ce mercredi. 

Ainsi, à la question "Vous savez que l’Union européenne fait face à un afflux de migrants et de réfugiés, notamment en provenance de Syrie. Selon vous, la France doit-elle accueillir une part de ces migrants et de ces réfugiés sur son territoire?", 57% des participants à cette enquête ont répondu "non" (31% "pas du tout", 26% "pas vraiment"), contre 43% de "oui" ("plutôt" à 29% et "tout à fait" à 14%). 

Ephémère retournement de l'opinion après la mort d'Aylan 
"Ces résultats s’avèrent comparables à ceux d’une précédente enquête Elabe / BFMTV réalisée les 1er et 2 septembre 2015 (44% de 'oui', 56% de 'non'), soit avant la publication de la photo du petit Aylan Kurdi (cet enfant syrien de 3 ans retrouvé noyé sur une plage turque il y a un peu plus d'un an, Ndlr) qui avait marqué les opinions publiques internationales et eu pour effet d’atténuer temporairement l’opposition des Français à l’accueil de migrants et de réfugiés (53% de 'oui', 47% de 'non' les 8 et 9 septembre 2015)", rappelle d'ailleurs Yves-Marie Cann, directeur des études politiques au sein de l'institut de sondages.

Dans le détail, seule la tranche des 18-24 ans est à une courte majorité (51%) favorable à l’accueil de migrants et de réfugiés en France et c'est auprès des personnes âgées de 35 à 49 ans (63%) et dans les milieux populaires (62%) que l’opposition atteint ses plus hauts niveaux. D’un point de vue géographique, seuls les habitants de l’agglomération parisienne y sont majoritairement favorables (53%) alors que ceux des communes rurales y sont parmi les plus opposés (63%). 

S'agissant de la répartition partisane, cette question fait également l’objet d’un clivage politique important entre la gauche et la droite: d’un côté 72% des sympathisants de gauche (dont 73% au PS) y sont favorables, de l’autre 64% des sympathisants de la droite et du centre (dont 68% chez LR). Sans surprise, 84% des sympathisants Front national y sont opposés. 

76% des Français pour le démantèlement de la "Jungle" 
Autre leçon de ce sondage, alors que le gouvernement prépare le démantèlement du campement de la "Jungle" à Calais, où s'entassent entre 7.000 et 10.000 migrants selon les chiffrages, 76% des répondants jugent justifié le démantèlement du plus grand bidonville de France. A l’inverse, 23% d’entre eux le estiment que le démantèlement n'est "pas vraiment" (15%) ou "pas du tout" (8%) justifié. 

"Cette majorité favorable au démantèlement se vérifie toutes catégories de population confondues, avec toutefois quelques nuances", souligne Yves-Marie Cann. 

"Les plus jeunes y sont ainsi nettement moins favorables que les plus âgés puisque 61% des 18-24 ans contre 86% des 65 ans et plus le trouvent justifié. Il fait en revanche l’objet d’un large consensus politique puisque 79% des sympathisants de gauche, 86% de ceux de la droite et du centre et 72% au FN le trouvent justifié." 

57% sont opposés au plan de répartition du gouvernement 
En revanche, 57% des Français s’opposent (21% "plutôt", 36% "tout à fait") au plan défendu par le gouvernement de répartition des migrants dans des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) sur tout le territoire, contre 43% qui y sont favorables (31% "plutôt", 12% "tout à fait"). 

"Seuls les 18-24 ans (57%), les cadres et les professions intellectuelles supérieures (55%) et les Franciliens (54%) y sont majoritairement favorables", décrypte encore le sondeur. 

"Cette question suscite également un clivage politique important entre la gauche et la droite : d’un côté 75% des sympathisants de gauche (dont 79% au PS) y sont favorables, de l’autre 62% des sympathisants de la droite et du centre (dont 66% chez LR) et surtout 90% des sympathisants Front national y sont opposés." 

Sondage réalisé par Internet les 20 et 21 septembre 2016 auprès d'un échantillon de 956 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.