lundi 13 juin 2016

Brexit : Messieurs les anglais tirez les premiers !


Fidèle à sa promesse électorale, David Cameron lancera, le 23 juin 2016, un référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Ce qui a valu aux britanniques de recevoir la visite d’Obama comme ambassadeur du maintien au sein de l’UE.
Propagande oblige, lorsque les médias britanniques ou internationaux traitent de ce référendum, c’est, chaque fois, pour rappeler combien serait désastreuse la sortie du Royaume-Uni. 

La démocratie semi-directe, ou référendaire, n’est pas une première pour en Angleterre, mais presque.
Depuis les années 1970, lors desquelles le référendum fut surtout utilisé pour des questions régionales, les Britanniques n’ont été interrogés au niveau national qu’à deux reprises. Une première fois le 5 juin 1975 sur le maintien dans la Communauté Européenne, qui en fait touchait à la renégociation des conditions d’adhésion au Marché commun. Puis, le 5 mai 2011, sur la réforme électorale aux élections législatives.
En 1970, comme en 1997 et 1998, les britanniques étaient appelés à se prononcer sur les assemblées régionales du Pays de Galles, de l’Irlande du Nord, de l’Écosse et du Grand Londres.

Le faible taux de participation montrant, chaque fois, un goût modéré des britanniques pour les consultations référendaires, qui, il faut le rappeler, n’ont qu’un rôle consultatif. C’est toujours à la demande du Parlement de Londres qu’il est possible d’organiser un référendum. La volonté populaire se trouve pieds et poings liés, si le gouvernement et le Parlement ne souhaitent pas mettre en place de référendum. Mais, en Grande-Bretagne plus qu’ailleurs, du fait des modes de scrutins, le pouvoir politique est lié au peuple plus qu’ailleurs.

David Cameron sait bien que la réussite de son parti est conditionnée à sa promesse d’organiser un référendum sur le Brexit. Cette fois, la vox populi permettra de faire avancer les choses.

L’enjeu du Brexit, outre ses effets sur l’Union européenne, est important. Il montre que la volonté populaire britannique prend le pas sur ce que l’on appelle la souveraineté parlementaire, cette toute puissance du Parlement britannique. Les politiques anglais savent très bien qu’ils doivent aller dans le sens des attentes populaires.

Il aura fallu deux référendums en Irlande pour obtenir leur « oui » au traité de Lisbonne… 

Avant cela, – à la demande de Nicolas Sarkozy – il aura fallu supplanter le vote populaire des Français par le Congrès, pour faire approuver ce traité refusé par le peuple. Si la conscience politique du Britannique est moins visible et passionnée que celle du Français, la question de l’Union européenne a toujours été épineuse : David Cameron sait bien que si ce point n’avait pas été développé dans son programme électoral, son rival Nigel Farage, meneur de l’UKIP, aurait pris une place prépondérante dans le paysage politique anglais.

Il reste maintenant à croiser les doigts pour que la propagande médiatique n’ait pas l’effet escompté sur les Britanniques, et que pour une fois, dans l’histoire moderne, de bonnes nouvelles nous arrivent de Londres… Nous attendions les Grecs, les Islandais, les Italiens, les Espagnols ou encore les Portugais pour créer un précédent de défiance et de sortie de l’UE et c’est la perfide Albion qui se met en ordre de bataille.

Alors, s’il vous plaît, messieurs les anglais, tirez les premiers !