jeudi 26 mai 2016

Ce que la gauche radicale pense de Nuit debout ?

le mouvement « Nuit Debout » nous laisse plus que sceptiques... ...les bases idéologiques sous-tendant cette série d’événements, ainsi que l’identité des initiateurs et les objectifs qu’ils poursuivent posent question...En l’état, ce « mouvement » nous semble relever d’une opération de récupération à son profit de la mobilisation contre la loi Travail par des éléments de la petite bourgeoisie intellectuelle se faisant farouchement concurrence entre eux dans une forme de baroud d’honneur opportuniste du citoyennisme et de l’altermondialisme ... une opération d’auto-promotion initiée par François Ruffin et Frédéric Lordon...organisée par une une poignée de militants réformistes après un meeting de Fakir le 23 février à la Bourse du Travail de Paris. ... Opération promotionnelle pour le film Merci patron !... Jean-Luc Mélenchon sont restés en retrait de ces rassemblements, ils n’ont pas vraiment besoin d’être présents puisque le PG, Europe Ecologie et le PCF, ou des organisations proches (la compagnie Jolie Môme, qui comptait au plus haut de sa période, un effectif d’une trentaine de militants ou même Fakir) sont au cœur du dispositif... Le journal de François Ruffin méritera un dossier en lui-même, tant il est à lui seul le symbole de cette Réaction de gauche dont nous tentons ici de cerner les contours. Productiviste, nationaliste et étatiste... Le film Merci Patron! offre un bon condensé de la vision du monde que développe François Ruffin. Outre le fait qu’il relate une histoire assez peu crédible de chantage sur LVMH qui n’est pas une lutte et n’est pas reproductible de l’aveu même de Ruffin (Libération, 23 février 2016) les ouvriers, censés être les héros de l’histoire, y servent en fait de faire-valoir à la promotion de Fakir... petit entrepreneur du spectacle comme François Ruffin! ... Comme les Indignés il y a quelques années, Nuit Debout est un mouvement qui utilise et promeut largement Internet comme moyen de mobilisation. En ce sens, il contribue à entretenir le mythe d’Internet comme nouvel outil d’expression démocratique « universel »... Nuit Debout est présentée comme une merveille de liberté d’expression. Pourtant, comme partout, la prise de parole y est sur le terrain fortement codifiée, encadrée et ritualisée : ordre du jour à respecter, inscription obligatoire, temps limité à deux minutes. Pour des non militants, ce fonctionnement est difficilement lisible. De plus, la limitation du temps de parole empêche que ne s’expriment des idées trop complexes ou iconoclastes, et permet de maintenir artificiellement un certain consensus dans l’assemblée, par l’auto-censure de celles et ceux qui voudraient la contester... maintenir la contestation dans les cadres du pouvoir, contrôler la colère pour la détourner vers des logiques électoralistes comme ce fût le cas avec Syriza et Podemos, dont certains cadres ou ex-cadres soutiennent d’ailleurs Nuit Debout... la rumeur selon laquelle les nuitdeboutistes auraient fait appel aux flic pour maintenir l’ordre sur la place entre le 9 et le 10 avril est contestée par les intéressés, le mouvement a néanmoins reçu des félicitations officielles de la préfecture et du maire du 10e pour leur gestion des « violences », ce qui pose question s’agissant de son potentiel subversif...