vendredi 8 avril 2016

La nouvelle panoplie féministe: les seins nus et une bite d’ouvrier!

imone de Beauvoir et Elisabeth Badinter ont droit à d'étranges héritières dont Pierre-André Taguieff dresse le portrait dans son nouveau livre: «Des putes et des hommes».


Un jour il y a très, très longtemps, quelques mâles dominants se réunirent en secret dans une grotte. On ne sait s’ils étaient plutôt du genre Cro-Magnon ou Neandertal… Quoi qu’il en soit ils élaborèrent un protocole codifiant les moyens pour asservir les femelles. Et aujourd’hui encore cette maléfique domination s’exerce sur les femmes réduites à la servitude.

On force un peu le trait certes, mais à lire les textes de féministes « radicalisées » et rendues hystériques par la détestation des hommes, on n’est pas très loin de cette théorie du complot. Avec son dernier livre1, Pierre-André Taguieff est allé fouiller les entrailles — pas les cerveaux car le vide ne justifie aucune recherche… — de ces allumées qui, en France et à gauche, jouissent d’une enviable considération.

D’avoir longtemps travaillé sur Le Protocole des Sages de Sion, célèbre faux antisémite forgé par la police tsariste, le qualifiait évidemment pour cette tâche prométhéenne et risquée. Et ce qu’il a ramené à la surface va au-delà de ce que la doxa du « politiquement correct » nous inflige habituellement. Une « pensée » réduite au ressentiment. Des anathèmes. Des appels au lynchage. Et surtout de la bêtise abyssale sanctifiée par le camp du Bien.

Ce féminisme-là, et Taguieff le démontre magistralement car tout chez lui est étayé, est ce que l’Inquisition fut au message du Christ. Ce que Daesh et sa pratique d’esclavage sexuel sont à l’amour. Ce que le bruit d’une scie est à la musique symphonique. Simone de Beauvoir fut grande, Elisabeth Badinter l’est toujours. Quant aux harpies et aux furies…

Quelques exemples trouvés dans le livre de Taguieff, Des putes et des hommes. Beatriz Preciado philosophe connue et respectée par une gauche hostile au monde « hétérosexuel » : « L’anus présente trois caractéristiques fondamentales qui en font le centre transitoire d’un travail de déconstruction contra-sexuelle. 1 : l’anus est un centre hétérogène universel situé au-delà des limites anatomiques imposées dans la différence sexuelle. 2 : l’anus est une zone de passivité primordiale, un centre de production d’excitation et de plaisir qui ne figure pas sur la liste de points orgastiques prescrits. »

Oui, il faut en finir avec le pénis et le vagin « organes de la différence des sexes ». Gloire à l’anus « seul organe sexuel universel » ! La même a fait une intéressante confidence à Libération : « Depuis l’enfance je me vis avec une bite fantasmatique d’ouvrier, je réagis à tous les culs que je vois bouger ». Ah ce n’est pas n’importe quelle bite que celle de l’ouvrier ! Belle, fière, éclairant le monde de sa lumière et annonçant des lendemains qui chantent. Alors que celle du patron, du requin de la finance ne peut être que flétrie et repoussante.

Et là on touche du doigt les vrais ressorts de ce féminisme délirant et pseudo révolutionnaire : il s’agit en réalité d’un gauchisme accommodé à la sauce du combat contre le mâle dominant blanc. C’est lui et lui seul qui est visé. Et c’est lui dans sa caricature symbolisée et haïssable qui a pris la place du gros capitaliste à cigare. La révolution féministe va le terrasser tôt ou tard. Ses combattantes sont en marche. On peut les reconnaître à ce qu’elles ont les seins nus et qu’elles sont dotées d’une bite d’ouvrier.

Des putes et des hommes. Pierre-André Tagieff, Ed. Ring, mars 2016. ↩